CAN 2025 : les coulisses du litige Sénégal-Maroc enfin révélées !

lundi 6 avril 2026 • 851 lectures • 0 commentaires

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CAN 2025 : les coulisses du litige Sénégal-Maroc enfin révélées !

iGFM (Dakar) Trois semaines après le verdict du Jury d’Appel de la Confédération africaine de football au sujet de la finale de la CAN 2025, la Fédération sénégalaise de football (FSF) a enfin reçu les motivations de la sentence. Ce document de la CAF consulté par nos confrères de Sportnewsafrica, détaille les éléments ayant conduit à l'inversion du résultat en faveur du Maroc sur tapis vert (3-0).

C'est ce que l'on appelle une attente inhabituellement longue. Ce n’est que ce vendredi 3 avril que la Fédération sénégalaise de football a pris connaissance de la décision motivée du Jury d’Appel de la CAF. Un délai de trois semaines resté inexpliqué, mais dont le terme était indispensable pour permettre aux conseils du Sénégal d'affiner leur plaidoirie devant la plus haute instance de justice sportive à Lausanne.


Le rapport du coordonnateur au-dessus des Lois du Jeu ?


Dans ce document consulté par Sport News Africa, le cœur de la décision repose sur une hiérarchie des témoignages qui interpelle les experts en droit du sport. Pour confirmer la défaite du Sénégal, le Jury d’Appel indique s’être fondé sur trois sources : le rapport de l’arbitre Jean-Jacques Ndala, celui du commissaire de match et celui du coordonnateur de la finale, Monsieur Lemkecher.


Le document est formel :


« Vue : le rapport du coordinateur de la finale, le Sénégal est déclaré forfait pour abandon de terrain, conformément aux articles 82 et 84 du règlement de la CAN ».


Une précision centrale car elle met en lumière une divergence d'appréciation technique. Selon les éléments recueillis, l’arbitre de la rencontre mentionne dans son rapport une « interruption temporaire du match d’environ 12 minutes » due à la contestation sénégalaise, sans toutefois qualifier l'action d'abandon définitif. Comme révélé par Le Monde et indiqué dans la décision motivée, c'est le rapport du coordonnateur qui a conduit le Jury à retenir la qualification de forfait. 


« Les lois du jeu n’ont pas été respectées dans ce verdict », s'insurge une source interne à la FSF, soulignant qu’aucune réserve technique n’a été formulée par la partie marocaine au moment de la reprise du jeu. Le rapport du match n'indique en effet aucune réservé déposée avant la reprise du jeu, malgré l'infraction sénégalaise.


Un vainqueur sans trophée


L’autre point de friction réside dans le caractère hybride de la sanction. Si le Jury prononce la victoire du Maroc sur tapis vert (3-0), il refuse d'en tirer les conséquences protocolaires immédiates.


Le document stipule ainsi :


« Vue : les rapports de l'arbitre et du commissaire du match, le Jury rejette les demandes de retrait du trophée, des médailles et des primes formulées par la Fédération Royale Marocaine de Football, ces demandes ne relevant pas de notre compétence. »


Cette déclaration d’incompétence crée une situation juridique inédite : une instance désigne un vainqueur mais laisse le soin au Comité exécutif de la CAF de décider du sort du trophée et des primes. Or, lors de sa réunion du 29 mars au Caire, le président Patrice Motsepe a botté en touche, déclarant s’en remettre à la future décision du TAS. 


Comment un forfait peut-il être acté sans que les attributs de la victoire ne suivent automatiquement ? C'est tout le paradoxe que les avocats sénégalais comptent exploiter.


Vers un arbitrage au long cours à Lausanne


La bataille se déplace désormais en Suisse, où deux stratégies s'affrontent. Le Sénégal, pressé de laver son honneur sportif, a sollicité une procédure accélérée. À l’inverse, la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) privilégie le temps long. La partie marocaine estime qu’il n’y a pas d’urgence justifiant une célérité particulière et exige un délai suffisant pour préparer une défense « rigoureuse et complète ».


Dans ces conditions, le verdict du TAS pourrait n’intervenir que dans un délai de 9 à 12 mois. Une temporalité qui fige une situation pour le moins inconfortable : les Lions de l’Atlas aborderont le Mondial 2026 avec le statut de champions d’Afrique, alors même que cette affaire ne sera pas encore définitivement jugée.


 


 


 

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Publié par

Mamadou Salif

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