Chronique d’un embouteillage tactique : Quand les gauchers se marchent dessus

mardi 29 septembre 2026 • 283 lectures • 0 commentaires

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Chronique d’un embouteillage tactique : Quand les gauchers se marchent dessus

iGFM - (Dakar) Le passage à une défense à trois axiaux, initié par le staff technique des Lions, devait apporter plus de densité et de liberté offensive. Contre l’Éthiopie, il a surtout mis en lumière un casse-tête géométrique majeur : la cohabitation forcée de deux défenseurs gauchers, Moussa Niakhaté et Malang Sarr. Entre ralentissements stéréotypés et collisions spatiales, retour sur un fiasco d'animation.

Le calvaire de la relance à l'envers


Une image forte aura résumé à elle seule les dysfonctionnements de l'arrière-garde sénégalaise : Moussa Niakhaté, positionné sur le côté droit de la défense à trois, contraint d’orienter la quasi-totalité de ses passes vers l’aile droite avec son pied gauche. Une hérésie sur le plan des angles de passe.


En football, la fluidité commence par l’ouverture du corps. Aligner un gaucher exclusif dans la zone droite ferme naturellement le terrain. Au lieu d'ouvrir le jeu vers le piston droit dans le sens de la course, chaque transmission de Niakhaté a nécessité un temps de contrôle supplémentaire pour ramener le ballon sur son bon pied, ou une passe sortante inconfortable. Résultat ? Un bloc éthiopien qui a eu tout le temps de coulisser, détruisant l'effet de surprise et plongeant le jeu des Lions dans une lenteur prévisible.
 
Un manque d'espace et des profils qui se télescopent


Au-delà du problème de pied, c'est l'occupation des zones qui a posé problème. Habitués tous les deux à évoluer dans l'axe gauche en club, Niakhaté et Malang Sarr se sont littéralement « marché dessus » tout au long de la rencontre.


Faute de repères croisés (droitier/gaucher) qui permettent d'équilibrer naturellement les compensations et les couvertures, les deux hommes ont souvent aspiré le même espace. On a vu des alignements approximatifs, des doutes sur l'identité de celui qui devait jaillir ou couvrir, et une fâcheuse tendance à se retrouver dans les mêmes zones de relance. Au lieu de solidifier l'assise défensive, cette configuration a créé une confusion spatiale qui a bridé le premier rideau des Lions.
 
La leçon tactique à retenir


Si la victoire est là (1-0), ce système à trois axiaux avec deux gauchers a montré ses limites structurelles. Une défense à trois exige une complémentarité millimétrée. Vouloir forcer le destin tactique en exilant un gaucher à droite prive l'équipe d'une relance propre et dynamique. Pour retrouver de la verticalité et de la flamboyance, le staff devra trancher : soit rééquilibrer l'axe avec un vrai droitier, soit revenir à une formule à quatre défenseurs, plus naturelle pour les profils à disposition.
Par El hadji Tall

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Publié par

Harouna Fall

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