Controverse autour de la descente de la DSC à Feeñal Digital : Le Synpics essuie de vives critiques du monde des médias

jeudi 30 juillet 2026 • 363 lectures • 2 commentaires

Actualité 9 heures Taille

Controverse autour de la descente de la DSC à Feeñal Digital : Le Synpics essuie de vives critiques du monde des médias

iGFM - (Dakar) L'intervention de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) dans les locaux de la web TV Feeñal Digital et la réaction syndicale qui a suivi ont déclenché une vive polémique au sein du paysage médiatique sénégalais. La prise de position du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics) dénonçant l'opération policière suscite l'incompréhension et la colère de plusieurs figures majeures du journalisme.

Au cœur de la contestation : la qualité des trois personnes interpellées — Lamignou Darou, Oustaz Thiep et Ndiaye Touba — et la nature du support incriminé.


Une vidéo polémique à l'origine de l'autosaisine de la justice


Les trois mis en cause, chroniqueurs sur la plateforme web et militants revendiqués du parti PASTEF, sont poursuivis à la suite de la diffusion d'une vidéo sur les réseaux sociaux. Dans la séquence tournée lors du Magal de Mbacké Bari, les intervenants prient pour qu'une paralysie physique frappe « le plus grand traître du pays ».


Bien que le chef de l'État Bassirou Diomaye Faye ne soit pas expressément nommé, les autorités judiciaires ont qualifié les propos d'offense au président de la République, entraînant l'autosaisine du procureur et l'intervention de la DSC.


« Une grosse erreur d'appréciation » : Les ténors de la presse recadrent le syndicat


Pour une grande partie des acteurs de la presse nationale, en publiant une note de dénonciation contre la police, l'organisation faîtière s'est trompée de combat et a écorné les principes du métier.


Diatou Cissé (ancienne Secrétaire générale du Synpics) : Réagissant aux propos indignés du journaliste Adama Sow, elle dénonce une dérive : « Incontestablement, il y a eu une grosse erreur d’appréciation. Il est inadmissible de conférer, même par déduction, la dignité de journaliste à des insulteurs patentés. »


Ibrahima Lissa Faye (Président de l'APPEL) : Le responsable de la presse en ligne pointe un décalage avec la ligne historique de l'organisation : « Le syndicat a été très mal inspiré en publiant cette note. D’autant que les personnes concernées ne sont aucunement des journalistes. [...] Ce texte rompt totalement avec la tradition du syndicat. »


La réplique du Synpics : Une alerte sur la méthode d'intervention


Face à cette levée de boucliers, le secrétaire général du Synpics, Moustapha Cissé, a apporté des clarifications dans les colonnes de L’Observateur, plaidant la mauvaise interprétation du texte :


« Le communiqué alerte uniquement sur l’irruption des forces de l’ordre dans un organe de presse ; il ne prend position ni sur le fond de l’affaire ni sur les personnes impliquées. [...] Son seul objectif est d’attirer l’attention sur l’intervention des forces de l’ordre en milieu médiatique, afin qu’à l’avenir, un cadre clair soit respecté.


Beaucoup ont interprété le communiqué sans le lire. »
Ce débat remet au premier plan la frontière parfois floue entre animation sur le web, militantisme politique et exercice professionnel du journalisme au Sénégal.

Cet article a été ouvert 363 fois.

Publié par

Harouna Fall

editor

2 Commentaires

Je m'appelle

Téléchargez notre application sur iOS et Android

Contactez-nous !

Service commercial