Festival Métissons 2026 : Le cri d'alarme de Ababacar Gueye pour sauver la culture à Saint-Louis

vendredi 16 octobre 2026 • 121 lectures • 0 commentaires

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Festival Métissons 2026 : Le cri d\'alarme de Ababacar Gueye pour sauver la culture à Saint-Louis

iGFM - (Dakar) À quelques semaines de sa 16e édition, prévue les 27 et 28 novembre 2026, le Festival Métissons traverse une crise sans précédent. Entre rupture historique avec ses partenaires institutionnels et asphyxie financière, son directeur, Ababacar Guèye, tire la sonnette d'alarme sur le dénuement culturel de la vieille ville.

L’audace de la décentralisation : un festival hors les murs



Cette année, le deuxième plus grand rendez-vous culturel de Saint-Louis après le Festival de Jazz fait le pari de l'itinérance. Pour la première fois en 15 ans, l'événement quitte l’Institut Français de Saint-Louis. Face à des arbitrages budgétaires et logistiques de l'institution qui évoque l’agenda des Jeux Olympiques de la Jeunesse et de la Biennale de Dakar, la direction du festival a choisi de transformer cette contrainte en opportunité.



Devenu un festival « Sans Diffuseur Fixe » (SDF), Métissons s'installe directement dans l'espace public. L'objectif affiché par Ababacar Guèye est clair : redonner l'événement aux Saint-Louisiens, valoriser les initiatives citoyennes locales et faire vibrer la diversité artistique au cœur même des quartiers.
 
Le paradoxe saint-louisien : un prestige mondial sans infrastructures



Pourtant, cette ambition se heurte à un constat local amer. Comment une ville qui rayonne à l’international à travers trois distinctions majeures de l’UNESCO — son architecture coloniale, la Zoumba traditionnelle et le Ceebu Jën (thiébou diène) inscrit au patrimoine immatériel peut-elle être un tel désert infrastructurel ?



Derrière la vitrine touristique et historique, la réalité du secteur créatif est critique. Saint-Louis ne dispose d'aucun centre culturel fonctionnel, d'aucun espace de création, ni de structures adaptées pour accueillir des résidences artistiques. Selon le directeur du festival, ce manque chronique d'infrastructures pérennes est le principal responsable de la disparition prématurée de nombreux événements culturels dans la région.
 
Course contre la montre et appel aux autorités



À l'heure actuelle, alors que la programmation artistique se finalise, l’incertitude plane toujours : le budget global de cette 16e édition n'est pas bouclé. Engagées dans une véritable course contre la montre, les équipes du festival multiplient les démarches auprès des sponsors et des mécènes.
 
 
Face à l'urgence, les regards se tournent désormais vers la Mairie de Saint-Louis et le Ministère de la Culture. Les organisateurs attendent un arbitrage financier rapide et décisif pour sauver l'édition 2026. Pour Ababacar Guèye, l’heure est également à « l’union sacrée » et à la solidarité entre tous les acteurs culturels de la place. Sans un plan de sauvetage d’urgence de l'État et des collectivités, c'est tout un pan de l'identité et du patrimoine vivant sénégalais qui menace de s'éteindre.
 
EL HADJI TALL

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Publié par

Harouna Fall

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