Gouvernance des océans : Le Sénégal s'apprête à ratifier le traité historique sur la protection de la haute mer

dimanche 28 juin 2026 • 305 lectures • 0 commentaires

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 Gouvernance des océans : Le Sénégal s\'apprête à ratifier le traité historique sur la protection de la haute mer

iGFM - (Dakar) Le Sénégal s'apprête à franchir une étape décisive dans son engagement pour la préservation des écosystèmes marins. L'Assemblée nationale examine actuellement le projet de loi autorisant le président de la République à ratifier l'Accord sur la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà des juridictions nationales, communément appelé Accord BBNJ ou « traité sur la haute mer ».

Adopté le 19 juin 2023 à New York sous l'égide de l'Organisation des Nations unies (ONU), ce texte historique vise à encadrer les activités humaines dans les espaces maritimes qui échappent aux souverainetés étatiques, soit plus de 60 % de la surface océanique mondiale. Devant les députés réunis en intercommission, le ministre de l'Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'extérieur, Cheikh Niang, a rappelé que ces espaces constituent un patrimoine essentiel à l'équilibre écologique planétaire, aujourd'hui gravement menacé. Ce traité poursuit des objectifs majeurs : garantir un partage juste des bénéfices issus des ressources génétiques marines, renforcer la conservation biologique, et compléter le cadre juridique de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.


Pour Dakar, les retombées attendues de cette intégration sont multiples. Au-delà du prestige diplomatique, le pays devrait bénéficier d'un accès élargi aux infrastructures scientifiques mondiales, aux transferts de technologies marines de pointe et à des programmes de formation spécialisés. L'accord est également perçu comme un levier pour intensifier la coopération internationale contre le fléau de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INDNR) qui asphyxie les eaux ouest-africaines. Toutefois, les parlementaires ont soulevé des défis de taille quant à la mise en œuvre de cet instrument. Ils ont notamment alerté sur les coûts importants liés à la surveillance des espaces marins et à la création d'aires marines protégées (AMP). Face à ces inquiétudes, plusieurs élus ont plaidé pour nouer des partenariats stratégiques afin de mutualiser les dépenses opérationnelles.


Inclusion de la pêche artisanale et mécanismes de financement


Un autre point crucial a focalisé les débats à l'hémicycle : l'avenir des communautés côtières. Les députés ont fermement insisté sur l'obligation d'associer les acteurs de la pêche artisanale aux discussions futures. Estimant que les pêcheurs locaux ne doivent pas être les victimes collatérales de la gouvernance globale, les parlementaires ont recommandé la réalisation systématique d'études d'impact socio-économique avant toute décision de restriction ou de fermeture de zones de pêche.


En réponse, le ministre Cheikh Niang s'est voulu rassurant en précisant que l'accord intègre plusieurs leviers financiers dédiés aux pays en développement, parmi lesquels un fonds volontaire, le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) ainsi qu'un fonds spécial d'assistance. Rappelant que la diplomatie sénégalaise a figuré en première ligne lors des négociations à New York, le choix de la chaise vide serait, selon lui, contraire aux intérêts stratégiques d'un pays qui ambitionne de rester un leader africain de la politique maritime.

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Publié par

Harouna Fall

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