Journée de l’Afrique : Vers une décennie de la réparation et une refonte de la gouvernance mondiale
dimanche 24 mai 2026 • 163 lectures • 0 commentaires
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iGFM - (Dakar) Chaque 25 mai, la Journée de l’Afrique commémore la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1963, devenue aujourd’hui l’Union africaine (UA). Si cette date est traditionnellement un moment de célébration, elle représente avant tout une opportunité unique pour les fils et filles du continent, ainsi que pour la diaspora, de se rassembler.
À Dakar, lors d’un panel de discussion majeur, Désiré Assogbavi, conseiller à la Open Society Foundation, a rappelé l’urgence de ce rendez-vous : « C’est l’occasion de s’asseoir pour réviser le passé, discuter le présent et projeter l’avenir. »
Cette année, le débat prend une tournure historique. L’Union africaine a officiellement déclaré les dix prochaines années comme la Décennie de la réparation liée à l’esclavage et à la colonisation.
Au-delà de l’émotion : analyser les impacts structurels
Pour les organisateurs et les participants, il ne s’agit pas de s’enfermer dans une nostalgie stérile ou dans le simple registre de l’émotion. L’objectif est d’analyser de manière lucide et pragmatique les séquelles de l’esclavage et de la colonisation sur l’Afrique contemporaine.
Ces traumatismes historiques ont engendré ce que les experts qualifient de sous-développement structurel. Les impacts sont visibles au quotidien dans toutes les sphères de la société africaine : Économique : Des mécanismes financiers asymétriques qui perpétuent la dépendance. Politique et géopolitique : Une marginalisation persistante dans les instances de décision mondiales. Sociale et culturelle : Une dépossession mémorielle qu’il convient de réhabiliter par l’éducation.
Le reflet de l’injustice : le double standard des marchés financiers
Pour illustrer concrètement cette marginalisation, Désiré Assogbavi met en lumière une anomalie flagrante du système financier international : le coût du crédit.
« Si le Sénégal veut emprunter de l’argent auprès des institutions financières internationales, et qu’un pays occidental comme la France ou l’Allemagne sollicite la même somme, le taux d’intérêt appliqué au Sénégal sera nettement plus élevé. »
Cette réalité, qualifiée de « banalisation » du continent, découle directement de l’histoire. Les règles qui régissent le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont été dictées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (accords de Bretton Woods en 1945), à une époque où l’Afrique n’existait pas en tant qu’États souverains à la table des négociations.
Les axes de la réparation : dette, gouvernance et éducation
Face à ce constat, l’Afrique ne se positionne plus en victime passive, mais en force de proposition. Un processus est actuellement en cours au niveau de l’Union africaine pour harmoniser une position commune sur la question des réparations.
Les pistes de solutions évoquées pour les dix prochaines années s’articulent autour de plusieurs piliers majeurs :
La refonte de la gouvernance mondiale
L’Afrique exige une réécriture des règles économiques mondiales et une représentativité accrue, notamment par l’obtention de sièges de membres permanents au Conseil de sécurité de l’ONU, afin de cesser de subir les décisions du FMI et de la Banque mondiale.
L’annulation de la dette et la justice économique
Considérée par beaucoup comme artificielle et paralysante, la dette des pays africains doit faire l’objet d’une annulation pure et simple, prolongeant l’élan amorcé lors de la conférence de Durban. Les ressources africaines (notamment les minerais critiques et les terres rares) doivent bénéficier en priorité aux économies locales.
L’investissement dans l’éducation et la culture
Les réparations passent aussi par la réappropriation de l’histoire. L’Afrique doit financer massivement ses systèmes éducatifs pour former ses talents et écrire son propre récit, sans dépendre du prisme occidental.
Un débat intergénérationnel et multisectoriel
La réussite de cette « Décennie de la réparation » repose sur une condition essentielle : l’inclusivité. Ce combat ne peut pas rester le monopole des cercles diplomatiques, des chefs d’État ou des cercles universitaires.
Pour que la voix de l’Afrique porte au niveau international, la discussion doit être multidimensionnelle et intergénérationnelle. La société civile, les mouvements de jeunesse et les acteurs économiques de terrain présents à Dakar doivent s’emparer du sujet. Les conclusions de ces panels citoyens seront directement transmises à l’Union africaine pour alimenter sa stratégie.
L’Afrique est prête à prendre ses affaires en main. Les dix prochaines années seront décisives pour transformer les promesses de justice en réalités concrètes.
Publié par
Harouna Fall
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