La précision sémantique de l'Iran : des échanges, pas des négociations!

lundi 26 janvier 2026 • 821 lectures • 0 commentaires

International 3 jours Taille

La précision sémantique de l\'Iran : des échanges, pas des négociations!

iGFM - (Dakar) Le climat diplomatique entre Téhéran et Washington présente un paradoxe saisissant. Tandis que les démonstrations de force militaire s’intensifient dans la région du Moyen-Orient, un canal de communication subsiste, discret mais actif, entre les deux capitales. Depuis Genève, la représentation diplomatique iranienne a tenu à clarifier la portée exacte de ces interactions, refusant toutefois de leur accorder le statut officiel de pourparlers diplomatiques.

C’est une distinction sur laquelle l’ambassadeur d’Iran auprès des Nations unies, Ali Bahreini, insiste particulièrement. Selon les informations rapportées par Anadolu, le diplomate a confirmé lundi que les échanges de messages entre l’Iran et les États-Unis « ne se sont pas arrêtés ». Ces communications, qui transitent parfois par des canaux directs ou via des médiateurs, témoignent d’une volonté de maintenir le contact malgré l’escalade verbale et militaire. Cependant, Téhéran refuse catégoriquement de qualifier ces échanges de « véritables négociations ». Pour la République islamique, la nuance est de taille : il s’agit d’échanges d’opinions et non d’un processus diplomatique formel, lequel a été, selon les termes de l’ambassadeur, « détruit » par Washington.


La position iranienne repose sur une condition sine qua non pour toute reprise d’un dialogue structuré : le retour au respect mutuel. Ali Bahreini a rappelé que son pays était « à la table des négociations » avant que la dynamique ne soit rompue, accusant les États-Unis d’avoir favorisé les tensions régionales, notamment via leur soutien à Israël. « Ce n’est pas l’Iran qui a quitté la table », a-t-il martelé, précisant que toute future discussion devra impérativement préserver la « dignité de toutes les parties » et ne pas servir d’outil de coercition pour imposer la volonté d’une puissance sur l’autre.


Cette mise au point intervient dans un contexte de tension extrême. Le président américain Donald Trump a récemment annoncé le déploiement d’une « armada » vers le Moyen-Orient, incluant le porte-avions USS Abraham Lincoln et plusieurs destroyers. Cette manœuvre militaire fait suite à des avertissements explicites de la Maison Blanche concernant la situation intérieure en Iran, où des manifestations ont, selon les chiffres avancés par le gouvernement iranien, causé un lourd bilan humain. Face à ces pressions et à la menace d’une intervention pour « secourir » les manifestants, les dirigeants iraniens ont averti qu’une « réponse ferme » serait apportée à toute agression, définissant toute attaque contre le pays comme une ligne rouge absolue.


Au-delà du dossier bilatéral, le représentant iranien a profité de cette tribune pour dénoncer ce qu’il perçoit comme un « double standard » des institutions internationales. Il a pointé l’absence de sanctions ou de sessions spéciales de l’ONU concernant la situation à Gaza, mettant en exergue la rapidité des mesures prises à l’encontre de l’Iran par rapport à l’impunité dont bénéficierait Israël après deux années de violences. Sur le plan intérieur, l’ambassadeur a par ailleurs indiqué que l’accès à Internet, restreint durant les troubles, devrait être rétabli « très bientôt » pour des raisons économiques.


 
 

Cet article a été ouvert 821 fois.

Publié par

Mame Fama GUEYE

editor

Soyez le premier à commenter

Je m'appelle

Téléchargez notre application sur iOS et Android

Contactez-nous !

Service commercial