Le Sénégal au-dessus des camps : la leçon d’Air Force One pour notre République (Par Moussa Niang)

mercredi 27 mai 2026 • 260 lectures • 0 commentaires

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Le Sénégal au-dessus des camps : la leçon d’Air Force One pour notre République (Par Moussa Niang)

Dans la vie d’une nation, certains réflexes doivent survivre aux passions politiques et aux ambitions personnelles. Souhaiter sincèrement la réussite d’un nouveau gouvernement n’est ni une faiblesse, ni une capitulation idéologique : c’est un devoir républicain.

Car il faut dire une vérité que beaucoup refusent d’admettre : l’échec du pouvoir n’est jamais une victoire pour le peuple. Lorsqu’un État vacille, ce ne sont pas seulement des dirigeants qui tombent ; ce sont des emplois qui disparaissent, des investissements qui s’éloignent, des projets qui s’arrêtent et des milliers de familles qui basculent dans l’incertitude.


La politique n’est pas une guerre d’usure


Chercher à précipiter la chute de l’adversaire au détriment du pays est une stratégie suicidaire.
L’argent fuit toujours les nations qui donnent le spectacle du désordre. Les investisseurs redoutent l’instabilité, les entrepreneurs retardent leurs projets et la confiance collective s’effrite dans le vacarme des querelles permanentes.


Imaginez une compagnie aérienne tentant de rassurer ses passagers pendant que l’équipage se bat dans le cockpit. Aucun voyageur ne monterait sereinement à bord d’un tel appareil. Il en va de même pour une nation : lorsque les institutions donnent l’image d’un affrontement permanent, c’est tout le pays qui entre dans une zone de turbulence.


Le patriotisme ne consiste pas à applaudir aveuglément un régime. Il exige au contraire une vigilance constante, une critique lucide et parfois une opposition ferme. Mais il impose également une responsabilité supérieure : protéger l’appareil d’État et préserver la stabilité nationale.


Les grandes nations ont compris depuis longtemps que les institutions doivent survivre aux individus. Aux États-Unis, “Air Force One” n’est pas un avion précis, mais l’indicatif radio de tout appareil transportant le Président des États-Unis. La fonction dépasse l’homme. Le symbole demeure, même lorsque les occupants changent.


Malgré la violence des campagnes électorales américaines, l’appareil d’État se réorganise immédiatement autour du nouveau commandant. On ne sabote pas un avion parce qu’on n’apprécie pas le pilote ; on assure la sécurité du vol de la nation. C’est cela, une République mature.


Sanctuariser l’essentiel


Le Sénégal a longtemps été respecté en Afrique pour la solidité de ses institutions et la maturité de ses transitions politiques. Cet héritage est précieux. Nous ne devons pas le dilapider dans les règlements de comptes, les ruptures brutales et les crises permanentes.


L’économie, l’énergie, l’agriculture, la diplomatie, les infrastructures ou encore les grands projets stratégiques ne peuvent être démantelés à chaque alternance comme s’il fallait systématiquement déconstruire ce qui existait avant. Certaines administrations et certains secteurs ont besoin de continuité, de stabilité et de compétence pour produire des résultats durables.


L’État n’est pas un trophée électoral. Il est la colonne vertébrale de la nation. Fragiliser ses institutions par des affrontements incessants revient à affaiblir la signature du Sénégal devant le monde et à compromettre son avenir économique.


La question qui se pose à nous est simple : voulons-nous vivre dans une agitation politique perpétuelle ou construire une nation capable de préserver l’essentiel malgré les alternances ?


Le Sénégal a besoin d’une nouvelle culture politique : une culture où l’on peut s’opposer sans saboter, critiquer sans détruire et changer de dirigeants sans mettre en péril la maison commune.


Parce qu’au bout du compte, lorsque le Sénégal chute, aucun camp ne reste debout très longtemps.


Se souvenir du titre, et non de la personne


Les hommes passent. Les fonctions demeurent.
Les gouvernements changent. La nation, elle, doit continuer d’avancer.


À tous ceux qui sont appelés à conduire les affaires de l’État aujourd’hui ou demain, nous souhaitons lucidité, sagesse, courage et sens du devoir. Car gouverner le Sénégal ne devrait jamais être la victoire d’un camp contre un autre, mais une responsabilité sacrée envers le peuple sénégalais et les générations futures.

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Publié par

Birame Ndour

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