Ousmane Ndiaye : "La position du MTN sur la coalition Diomaye Président est claire..."
vendredi 22 mai 2026 • 113 lectures • 0 commentaires
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iGFM - (Dakar) M. Ousmane Ndiaye est le président zone Afrique de Administration universitaire et Francophone de Facultés de médecine et odontologie. Coordonnateur national en lien avec les comités universitaires de dialogue social , administration au conseil d’administration de l’UGB. Chef des Services administratifs de l’UFR des Sciences de la Santé de l’UGB. Il est également le C coordonnateur départemental du Mouvement pour la Transformation Nationale.
Dans cet entretien qu'il nous a accordé, il revient sur la situation politique nationale et universitaire.
Présentez-nous un peu votre mouvement MTN?
Oui, MTN, est un mouvement citoyen et politique créé en 2023 par Marie Teuw Niane. Il œuvre pour accompagner la transformation du Sénégal à travers une gouvernance responsable, le développement économique, l’éducation et la justice sociale.
Nous avons rejoint la coalition Diomaye Président depuis les élections présidentielles et législatives afin de contribuer à cette dynamique de changement. Dans le département de Saint-Louis, j’ai eu l’honneur d’être coordonnateur départemental adjoint de la coalition, aux côtés du coordonnateur départemental de PASTEF.
On assiste dans le camp du pouvoir à deux forces politiques, la coalition Diomaye-Président et APTE du président de Pastef, Ousmane Sonko. Comment appréciez-vous cette situation?
C’est une situation que beaucoup de militants et de citoyens vivent avec difficulté, parce que nous avons porté ensemble le projet incarné par le duo Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Durant toute la campagne, le message était clair : « Diomaye moy Sonko, Sonko moy Diomaye ».
Le Président Ousmane Sonko a librement proposé le candidat Bassirou Diomaye Faye, et nous avons tous soutenu ce choix sans réserve. Par conséquent, le bilan du Président Diomaye reste aussi celui du projet politique porté collectivement. Aujourd’hui, il est important de préserver l’unité, la cohérence et l’esprit de confiance qui avaient suscité l’adhésion massive des Sénégalais.
Est-ce que votre mouvement a une position claire sur la situation et dans quelle coalition, il se situe?
Le Mouvement pour la Transformation Nationale a une position claire. Nous avons soutenu le candidat de PASTEF et nous restons engagés à accompagner la mise en œuvre du projet pour lequel les Sénégalais ont massivement voté.
Notre démarche n’est pas politicienne ; elle repose sur le respect des engagements pris devant le peuple sénégalais. Il serait difficilement compréhensible de faire élire un Président, de demander ensuite une majorité parlementaire pour soutenir son action, puis de s’y opposer quelques années après.
Par ailleurs, le MTN est membre fondateur de la coalition Diomaye Président, à l’époque connue sous le nom de coalition Lacoste, et a contribué activement à son élargissement, notamment à Saint-Louis avec l’intégration de plusieurs partis et mouvements politiques comme le Parti démocratique sénégalais et le mouvement d’Ameth Fall Braya, entre autres.
Aujourd’hui, le parti a obtenu son récépissé officiel et s’achemine vers la tenue de son congrès. Des changements significatifs pourraient intervenir à la tête du mouvement, et cette étape marquera naturellement une clarification ainsi qu’une affirmation plus formelle de son ancrage politique.
Le Président Bassirou Diomaye Faye poursuit son agenda sur le dialogue nationale, après les éditions de 2024 et 2025 où, il avait convié les acteurs de plusieurs secteurs à une journée de concertation, cette année il a changé le format, avec les audiences accordées aux anciens Pm. Comment est-ce que vous appréciez tout ça globalement ?
L’évolution du format du dialogue national sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye traduit une volonté claire de renforcer l’efficacité de la concertation publique et d’en améliorer l’impact politique et institutionnel.
Le passage d’un modèle de grandes rencontres inclusives, organisées en 2024 et 2025 avec une large diversité d’acteurs sectoriels, vers un format plus ciblé reposant sur des audiences directes avec d’anciens Premiers ministres et des personnalités à forte expérience de gouvernance, marque une inflexion stratégique importante. Il s’agit moins de réduire la participation que de la rationaliser, en privilégiant des échanges de haut niveau, plus structurés et potentiellement plus opérationnels.
Cette approche met en lumière un style de leadership qui cherche à conjuguer ouverture démocratique et efficacité décisionnelle. En recentrant le dialogue sur des acteurs institutionnels ayant une mémoire administrative et une expérience de gestion de l’État, le Chef de l’État favorise une meilleure capitalisation des acquis, une lecture plus fine des contraintes systémiques et une formulation plus pragmatique des recommandations.
Globalement, ce choix peut être apprécié comme une tentative de dépasser les effets parfois dilués des grands forums au profit d’un dialogue plus direct, plus agile et orienté vers des résultats concrets. Il reste toutefois essentiel que cette évolution s’accompagne de mécanismes de restitution et d’articulation avec les autres composantes de la société afin de préserver la dimension inclusive du dialogue national, qui demeure un pilier de la gouvernance participative.
Un peu plus de deux ans après l'alternance de 2024, comment évaluez-vous la concrétisation des promesses de rupture du président Bassirou Diomaye Faye, notamment à travers le triptyque « Jubb, Jubbal, Jubanti » ?
Deux ans après l’alternance de 2024, l’évaluation de la dynamique de rupture portée par le triptyque « Jubb, Jubbal, Jubanti » doit être appréciée avec discernement. Des avancées sont notées en matière de transparence et de volonté de moralisation de la gouvernance, mais la transformation profonde de l’action publique reste un processus en cours, confronté à des contraintes structurelles.
Dans ce contexte, une attention particulière doit être accordée à la question de la justice et de la mémoire des événements douloureux récents, notamment la nécessité de rendre justice aux victimes et aux martyrs. Il s’agit d’un impératif moral et républicain qui ne saurait souffrir ni oubli ni instrumentalisation. Toutefois, cette exigence de justice doit s’inscrire dans le respect des procédures et de l’indépendance de l’appareil judiciaire.
Ainsi, il est essentiel de ne pas confondre vitesse et précipitation. La vérité judiciaire doit être solidement établie, à travers des enquêtes rigoureuses et des procédures équitables, afin d’éviter toute contestation future et de garantir une justice crédible et durable.
En somme, la rupture engagée est réelle dans son orientation, mais sa consolidation exige à la fois patience institutionnelle, respect de l’État de droit et justice rendue avec rigueur aux victimes, dans un cadre apaisé et responsable.
Récemment, le processus autour du Code électoral a été gelé par la présidence à la suite de la réception de deux versions divergentes du même texte de loi. Selon vous, s'agit-il d'un simple dysfonctionnement administratif de l'Assemblée nationale ou d'une crise de confiance plus profonde entre l'Exécutif et le Législatif?
À mon sens, il ne s’agit pas d’une crise de confiance entre l’Exécutif et le Législatif, mais plutôt d’un incident de procédure relevant du fonctionnement normal des institutions dans un contexte de production législative dense.
Les deux pouvoirs ont, chacun dans leur domaine, pleinement exercé leurs prérogatives. L’Assemblée nationale a délibéré et adopté un texte, tandis que le Président de la République, en tant que garant du respect de la Constitution, a simplement veillé à la régularité formelle du document soumis à promulgation. Dans une telle situation, demander la version correcte du texte relève davantage d’une exigence de sécurité juridique que d’une remise en cause politique.
L’hypothèse la plus plausible est donc celle d’une erreur matérielle ou administrative ayant conduit à la circulation de deux versions divergentes du même projet de loi, ce qui a naturellement nécessité une clarification et une seconde vérification.
Dans ce cadre, il convient de souligner la bonne foi des députés, en particulier ceux de la majorité, et de voir dans cet épisode non pas une tension institutionnelle, mais plutôt la preuve d’une démocratie qui fonctionne, où les mécanismes de contrôle et de correction interne jouent pleinement leur rôle.
En définitive, cet épisode traduit davantage une rigueur dans le respect des procédures qu’une crise entre institutions, et confirme au contraire la dynamique de séparation des pouvoirs et de consolidation de l’État de droit.
Vous êtes le coordonnateur national en lien avec les comités universitaires de dialogue social , administration au conseil d’administration de l’UGB, comment se présente la situation sur le dialogue à l'UGB? Et plus globalement, comment se présente la situation du dialogue social au niveau des universités sénégalaises?
Le dialogue social dans les universités sénégalaises s’inscrit aujourd’hui dans une dynamique nouvelle impulsée au plus haut niveau de l’État, à travers la création de comités sectoriels de dialogue social dans tous les secteurs. Cette orientation traduit une volonté claire du Président de la République de promouvoir l’écoute, la concertation et la prévention des conflits sociaux par des cadres institutionnels structurés.
Dans le secteur de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, cette volonté s’est concrétisée par la mise en place du comité sectoriel du MESRI, né dans un contexte de fortes tensions mais qui s’est progressivement affirmé comme un espace important de régulation et d’apaisement. Ce comité a contribué à installer une culture de dialogue plus organisée, permettant de traiter les préoccupations des acteurs dans un cadre plus méthodique et plus responsable.
Sa crédibilité repose à la fois sur l’engagement de ses membres et sur la qualité du leadership qui l’anime, incarné par une personnalité reconnue pour son expérience, son intégrité et la confiance qu’elle inspire au sein de la communauté universitaire. Cette gouvernance a favorisé une meilleure fluidité des échanges et une approche plus constructive des différends.
Dans l’ensemble, cette dynamique illustre une évolution positive : le dialogue social n’est plus seulement réactif face aux crises, il tend à devenir un outil structurant de gouvernance universitaire, contribuant à la stabilité du secteur, même si des défis persistent en matière de ressources, de gestion des attentes et de consolidation des acquis.
Ainsi, le cas du MESRI et des universités sénégalaises montre une trajectoire encourageante où la concertation, portée par une vision politique d’ouverture, s’impose progressivement comme un pilier essentiel de la gestion du système universitaire.
Les élections locales c'est pour 2027 est ce qu'on peut s'attendre à ce que vous soyez candidat ?
Saint-Louis garde encore le sentiment d’un rendez-vous manqué lors des élections locales de 2022, marqué notamment par une campagne de désinformation ayant nui à la clarté du débat public. Beaucoup estiment que le programme porté à l’époque par le Professeur Mary Teuw Niane était à la fois ambitieux, réaliste et profondément transformateur pour la ville et son département.
Ce projet proposait des orientations fortes : le développement d’une industrie locale créatrice d’emplois pour les jeunes, la mise en œuvre d’une politique de logements sociaux accessibles, la construction d’infrastructures éducatives modernes, ainsi que le renforcement du système de santé à travers des structures mieux équipées et plus performantes.
Aujourd’hui, une partie importante des populations de Ndar exprime le sentiment d’une continuité souhaitée de cette vision. Dans cet esprit, plusieurs citoyens estiment légitime de s’inspirer de cet héritage politique afin de poursuivre les efforts engagés et de concrétiser les ambitions initialement portées.
Pour ma part, dans une démarche citoyenne et avec des femmes et des hommes engagés et porteurs de valeurs, j’ai initié un programme de proximité dénommé « Ande Motali Yeené ». Cette initiative vise à renforcer l’écoute, la participation citoyenne et la co-construction des solutions locales.
Si les populations de Saint-Louis, en lien avec mon parti, décident de me faire confiance et de solliciter ma candidature, je répondrai favorablement avec honneur et responsabilité à cet appel. Nous nous engagerons alors pleinement dans la compétition municipale avec la ferme ambition de proposer une alternative crédible et de remporter la confiance des électeurs.
Publié par
Harouna Fall
editor
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