Réforme de l’Acte IV : L’État mise sur les « Pôles-Territoires » pour doper l’économie locale

jeudi 2 juillet 2026 • 245 lectures • 0 commentaires

Actualité 10 heures Taille

 Réforme de l’Acte IV : L’État mise sur les « Pôles-Territoires » pour doper l’économie locale

iGFM - (Dakar) Le Chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a réuni ce jeudi au CICAD les exécutifs territoriaux du pays. Au menu : une refonte de la décentralisation pensée pour transformer chaque région en un pôle économique autonome et compétitif, loin du centralisme dacquois.

C’est un changement de paradigme que le pouvoir exécutif tente d’amorcer. En présidant la rencontre nationale avec les maires et présidents de conseil départemental au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD), le Président de la République a dévoilé les contours de la réforme des « Pôles-Territoires ». Intégrée à l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, cette initiative marque le coup d’envoi d’une nouvelle étape de l’Acte IV de la décentralisation.


L’ambition affichée est claire : rompre définitivement avec l’image d’une décentralisation purement administrative pour en faire un levier de croissance. Pour la présidence, il s’agit de réveiller la compétitivité de chaque zone géographique en s’appuyant exclusivement sur ses potentialités locales et ses ressources propres.


En finir avec la bureaucratie, miser sur la mutualisation



Face aux craintes récurrentes des élus locaux de voir une nouvelle structure étouffer leurs prérogatives, le Chef de l’État s’est voulu rassurant. Les Pôles-Territoires ne viendront pas alourdir la machine bureaucratique. Ils ne constituent pas un échelon de plus et n’empiéteront pas sur les compétences des communes ou des départements.


Leur rôle se veut avant tout stratégique : intervenir là où l’action d’une collectivité isolée s’avère insuffisante. Conçus comme des instruments de coordination et d’investissement, ces pôles visent à mutualiser les moyens pour porter des projets structurants d’envergure régionale, capables de générer de la richesse et des emplois directs dans les terroirs.


Une méthode basée sur la co-construction



Pour légitimer ce projet d’envergure, l’exécutif insiste sur la méthode employée. Cette réforme est présentée comme le fruit de plusieurs mois de concertations intenses sur le terrain, ayant mobilisé près de trois mille acteurs territoriaux. Une manière de signifier que les orientations économiques ne sont plus dictées unilatéralement depuis la capitale.


« La transformation ne se décrète pas depuis Dakar, mais se construit dans les terroirs, au plus près des réalités », a rappelé le Chef de l’État.



En se positionnant comme un « État stratège », le pouvoir central fait le choix d’accompagner et de responsabiliser les initiatives locales. Reste désormais à voir comment cette transition se traduira concrètement sur le plan budgétaire et fiscal pour donner aux territoires les réels moyens de leur souveraineté économique.

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Publié par

Harouna Fall

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