SENEGAL : Le pari risqué d’Ousmane Sonko (Tentative de mise au pas des investisseurs privés)
samedi 14 mars 2026 • 50 lectures • 0 commentaires
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iGFM - (Dakar) Les décisions radicales du premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, menacent l’économie nationale et la confiance des investisseurs, au nom d’une souveraineté mal évaluée.
La conférence de presse d’Ousmane Sonko, tenue le 12 mars 2026, a marqué un tournant dans la gestion des ressources naturelles du Sénégal. En annonçant le blocage des comptes de sociétés partenaires, la résiliation de 71 titres miniers et la remise en cause des contrats pétroliers et gaziers, le premier ministre a présenté ces mesures comme une victoire pour la souveraineté nationale. Pourtant, derrière ces décisions spectaculaires, se cachent des risques majeurs pour l’économie, l’emploi et la crédibilité du pays (sur notre photo, Bassirou Diomaye Faye, au MEDEF, à Paris, le 27 août 2025, pour séduire les investisseurs français).
Le gel des comptes de la filiale d’Indorama (ICS) et la résiliation brutale de concessions minières dont 14 pour l’or, envoient un message alarmant aux investisseurs étrangers. Ces entreprises, qui emploient des milliers de Sénégalais et contribuent de manière significative au produit intérieur brut, pourraient réduire leurs activités ou quitter le pays, aggravant ainsi le chômage et réduisant les recettes fiscales. Le secteur des phosphates, essentiel pour l’agriculture sénégalaise et régionale, risque d’être paralysé par une reprise précipitée des actifs, sans plan de transition solide.
Le gouvernement évoque un manque à gagner de 1 075 milliards FCFA (soit environ 1,6 milliard d’euros) pour justifier ses actions. Cependant, cette somme pourrait bien se transformer en perte réelle si les entreprises concernées, comme BP ou Indorama, décident de contester ces décisions devant des tribunaux arbitraux internationaux. Des cas similaires en Afrique ont souvent abouti à des condamnations financières lourdes pour les États, aggravant encore la situation économique.
En remettant en cause unilatéralement des contrats signés sous d’anciennes administrations, le gouvernement Sonko fragilise la confiance dans la stabilité juridique du Sénégal. Les partenaires internationaux pourraient désormais hésiter à investir, craignant que les règles ne changent à chaque alternance politique. Cette instabilité risque de coûter cher au pays, qui a pourtant besoin de financements pour ses projets d’infrastructures et de développement.
La volonté de reprendre le contrôle des ressources naturelles est légitime, mais, la méthode employée est dangereuse. Une approche plus progressive, combinant renégociation transparente et audits indépendants, aurait permis de rééquilibrer les intérêts sans compromettre la stabilité économique. Par exemple, engager un dialogue avec les entreprises pour ajuster les contrats, tout en garantissant la continuité des activités et des emplois, aurait été une solution plus prudente.
Les décisions de Sonko risquent également de tendre les relations avec des partenaires stratégiques comme la Chine, l’Inde ou les Etats-Unis, dont les entreprises sont fortement impliquées dans les secteurs minier et pétrolier. A un moment où le Sénégal cherche à diversifier son économie et à attirer des investissements, ces tensions pourraient limiter l’accès à des financements et à des technologies critiques, isolant davantage le pays sur la scène internationale.
A la TICAD 9, le 20 août 2025, au Japon, Bassirou Diomaye Faye a invité les investisseurs japonais à s’intéresser encore plus au Sénégal.
Enfin, ces mesures soulèvent une question fondamentale : A quel prix la souveraineté ? Si le désir de contrôler les ressources nationales est compréhensible, il ne doit pas se faire au détriment de l’économie et de la stabilité du pays. Le Sénégal mérite une politique équilibrée, qui allie fermeté et pragmatisme, pour servir durablement les intérêts de sa population.
Il est encore temps de rectifier le tir. Le gouvernement doit engager un dialogue constructif avec les partenaires économiques, garantir la stabilité juridique, et proposer un plan crédible pour la transition. Sinon, c’est l’avenir économique du Sénégal qui sera hypothéqué, et ce sont les Sénégalais qui en paieront le prix fort.
Samba Kara Ndiaye
Président du Parti NADEMS
Publié par
Harouna Fall
editor
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