SIIMEA 2026 - Fatima FAKHRY : « Je suis rentrée en Afrique pour faire bouger les choses »

vendredi 10 avril 2026 • 646 lectures • 0 commentaires

International 13 heures Taille

SIIMEA 2026 - Fatima FAKHRY : « Je suis rentrée en Afrique pour faire bouger les choses »

iGFM - (Dakar) L’ambassadeur de la Côte d’Ivoire en France, SEM Maurice Bandaman, a ouvert – le 10 avril à Paris – la deuxième édition du Salon de l’Investissement, de l’Immobilier et des Énergies pour l’Afrique (SIIMEA). Entretien avec sa promotrice, Mme Fatima FAHKRY qui, d’Abidjan, a réussi à faire venir à Paris 38 exposants de huit pays d’Afrique francophone.

Créatrice du Salon de l’Investissement, de l’Immobilier et des Energies pour l’Afrique (SIIMEA), pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?


Je suis directrice générale de Fox Communication à Abidjan et Commissaire générale du SIIMEA. Je suis journaliste et experte en communication institutionnelle et relations publiques avec une douzaine d’années d’expérience en Afrique de l’Ouest. Je travaille ainsi avec une quinzaine de ministères en Côte d’Ivoire bien sûr, où je réside, mais aussi dans de nombreux autres pays de l’Afrique francophone. Pour la préparation de ce Salon, j’ai travaillé plus étroitement avec le ministère de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie et, bien entendu, avec le ministère des Affaires étrangères.


Pourquoi êtes-vous un jour rentrée en Côte d’Ivoire ?


Née à Abidjan, je suis franco-ivoiro-libanaise, mais je suis rentrée en Côte d’Ivoire en 2014 après avoir pas mal voyagé sur les cinq continents. Rentrer en Côte d’Ivoire, c’était pour moi apprendre à nouveau à tolérer puis à surpasser les nombreux freins que l’on connaissait, surtout dans le milieu administratif.
Dans l’administration, on avait beaucoup de lenteurs et de protocoles à suivre. En attendant parfois plus de trois semaines des réponses que l’on aurait dû et pu avoir dans les 48 heures, et des documents sérieux finissaient parfois aux oubliettes... J’ai alors beaucoup appris et j’ai désormais ma méthode pour faire bouger les choses. Cela s’appelle l’expérience.


« Ce Salon répond aux besoins des diasporas africaines »
Comment vous est venue cette belle idée de lancer cette initiative qui se veut concrète et utile ?


Le fait de rédiger la plupart du temps des documents officiels – avec notamment le ministère ivoirien de la Construction – pour les réformes et leurs applications ainsi que les actions et mesures mise en place pour limiter les arnaques dans tout ce qui a trait avec le monde de l’immobiliser et du foncier m’a poussé à faire une enquête approfondie auprès des diasporas africaines. Et je me suis rapidement rendue compte que le problème persistait en Afrique et que la Côte d’Ivoire n’était pas la seule concernée. Après deux ans d’enquête, je me suis mise à faire une étude complète pour enfin comprendre que cela était vraiment nécessaire et que la demande existait. Car les diasporas étaient plutôt apeurées de faire des investissement en Afrique de peur de se faire gruger.


 Sur la photo de groupe des VIP ayant participé au salon, outre Mme Fatima FAKHRY, on reconnaît notamment Stéphane TIKI (à gauche), Ibrahima BADJI (à droite), SEM l’ambassadeur Maurice Bandaman et deux ministres ivoiriens. 


Cette deuxième édition répond-t-elle à vos attentes ?


Absolument car dès la cérémonie d’ouverture, nous avons réussi à réunir un certain nombre de personnalités avec deux ministres venus de Côte d’Ivoire, des autorités diplomatiques comme l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, Son Excellence Maurice Bandaman, qui a prononcé une beau discours d’ouverture et a consacré un bon moment à la visite de tous les stands, mais aussi des élus de la diaspora, des experts et panélistes de renom comme Stéphane Tiki ou Ibrahima Badji, qui pour moi sont devenus des frères car ils veulent – comme moi – faire bouger les choses en Afrique. Sans parler des nombreuses entreprises privées et des exposants qui participent au Salon. Je pense surtout que cette deuxième édition répond aux besoins de la diaspora ou plus exactement des diasporas africaines.


Pouvez-vous nous donner quelques chiffres ?


On a eu cette année 38 exposants, venus principalement de Côte d’Ivoire, mais également du Burkina Faso, du Gabon ou du Mali puisque huit pays d’Afrique de l’Ouest francophone sont représentés pour cette deuxième édition.


Pensez-vous déjà à une prochaine édition ?


Tout à fait, ce Salon va devenir un rendez-vous panafricain annuel. J’étais d’ailleurs vraiment satisfaite des résultats concrets obtenus dans la foulée de la première édition qui s’est tenue l’an passé, ici même à Paris, dans cette même salle de l’hôtel Hyatt Regency. Il y aura donc une troisième édition l’année prochaine car la démonstration est faite que le SIIMEA répond à un réel besoin.


J’en veux pour preuve le retour de nombreux exposants qui étaient déjà présents l’an dernier, ce qui démontre qu’ils ont été satisfaits tant sur les chiffres que sur leurs rendements de manière générale dus à ce Salon. De nombreux jeunes des différentes diasporas ont de surcroît pu obtenir des emplois dans leurs pays d’origine, où ils sont rentrés en tant qu’expatriés et où ils ont pu matérialiser pas mal de projets. Avant le SIIMEA, ils n’avaient aucun canal ni moyens de se reconnecter avec leurs pays d’origine.


« Il faut que les Africains se mettent à la lecture avant de signer tout contrat »


Dans les premiers panels qui se sont succédés, une question concrète revenait souvent et je vous la pose à nouveau directement : comment sécuriser les investissements en Afrique ?


Pour sécuriser ces investissements, c’est d’abord bien choisir dans quel canal les faire. Aujourd’hui, on ne peut pas forcément sécuriser un investissement si l’on n’a pas fait au préalable les enquêtes et recherches sérieuses pour savoir si cet investissement en vaut vraiment la peine. C’est la règle d’or ! Car les Africains n’aiment pas lire, ou lisent peu, et cette réalité sociologique nuit bien entendu à la conclusion d’accord écrit en bonne et due forme.


D’où des cas d’arnaques ou d’échecs car les contractants avouent parfois, après coup, qu’ils n’avaient pas vu les conditions générales, pas lu les documents et ont signé le contrat en toute bonne foi. Il faut donc que les Africains se mettent à la lecture avant de signer tout contrat. C’est même un impératif pour ne plus se faire abuser.


Un dernier mot pour conclure notre entretien ?


Fatima FAHKRY – Un grand merci déjà à Africa Presse – devenu partenaire média de l’événement – pour sa très belle réactivité et son soutien aux activités économiques de la diaspora. Votre site constitue un excellent relais. J’en profite pour appeler toutes les diasporas africaines à se mobiliser massivement lorsqu’il y a des activités économiques africaines qui ont lieu en France pour pouvoir créer un canal solide d’investissements, garder un lien avec leurs pays d’origine et y multiplier les investissements.


Propos recueillis par Bruno FANUCCHI (APP)


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Publié par

Mame Fama GUEYE

editor

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