Face à la vie chère, l’association Eco Citoyen exige la création d’un Secrétariat d’État à la Consommation

samedi 30 mai 2026 • 304 lectures • 0 commentaires

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Face à la vie chère, l’association Eco Citoyen exige la création d’un Secrétariat d’État à la Consommation

iGFM - (Dakar) Alors que le pouvoir exécutif sénégalais opère sa reconfiguration sous la houlette du Président Bassirou Diomaye Faye et du tout nouveau Premier ministre Ahmadou Al Amine Lo, l’Association Eco Citoyen sort du bois. Face à l’érosion continue du pouvoir d’achat, l’organisation consumériste interpelle solennellement les autorités pour une refonte radicale de l’architecture gouvernementale.

Un modèle institutionnel jugé « à bout de souffle »



Pour Eco Citoyen, le constat quotidien est sans appel : flambée incontrôlée des prix, loyers asphyxiants, spéculation, ententes illicites entre opérateurs et explosion des arnaques numériques. Face à cette pression continue sur les ménages, l’association pointe du doigt une défaillance systémique de l’État : un conflit d’intérêts structurel au cœur du gouvernement.


« Il est impossible de confier à la même institution la mission de soutenir les intérêts économiques des producteurs et celle de défendre les consommateurs contre ces mêmes acteurs », martèle l’association.
En clair, le regroupement historique du Commerce et de l’Industrie au sein d’un même ministère affaiblit la régulation et relègue la protection des citoyens au rang de sous-mission invisible et sous-équipée.


Le droit pour boussole : Le Sénégal face à ses engagements



Loin d’être une simple liste de doléances, le plaidoyer d’Eco Citoyen s’appuie sur un arsenal juridique solide, tant national qu’international, face auquel le Sénégal est aujourd’hui en « déficit de conformité » :


L’ONU et l’UEMOA ignorées : Les principes directeurs des Nations Unies (révisés en 2015) et les directives communautaires de l’UEMOA (notamment la directive n°01/2023) imposent pourtant des cadres indépendants et une protection stricte contre les abus économiques.



Les lois sénégalaises « lettres mortes » : Sur le plan national, la loi n° 2021-25 sur les prix et la protection du consommateur n’a toujours pas de décrets d’application.



L’association rappelle également que ses demandes s’inscrivent en parfaite cohérence avec le triptyque « Souveraineté, Justice, Prospérité » de l’agenda national de transformation « Sénégal 2050 », porté par le régime.


Les 3 exigences d’Eco Citoyen pour une « Démocratie Économique »



Pour inverser la tendance et redonner de la dignité aux portefeuilles des Sénégalais, l’association formule trois propositions de rupture :


 Un ministère du Commerce renforcé



La fin du couplage Commerce-Industrie et le retour d’un ministère du Commerce à part entière, appuyé par un Secrétariat d’État dédié à la Consommation et au Pouvoir d’achat, totalement indépendant des lobbys industriels.


 Le déploiement des moyens de contrôle



Un renforcement massif des moyens humains, financiers et techniques des services de contrôle pour assurer une présence effective et dissuasive sur l’ensemble du territoire national.


 La voix des consommateurs dans les instances de décision



L’intégration formelle et obligatoire des associations de consommateurs agréées au sein de toutes les instances de gouvernance économique : commissions de fixation des prix des denrées de première nécessité et organes de régulation (télécoms, énergie, habitat, services financiers).


Un enjeu de stabilité nationale



En conclusion de son appel, le Secrétaire général d’Eco Citoyen, Souleymane Ndiaye, rappelle une vérité politique essentielle : « Les producteurs ont leurs lobbys, les industriels ont leurs représentants, les exportateurs ont leurs chambres. Le consommateur, lui, n’a que l’État et les associations pour le protéger. »


À l’heure où le tandem Diomaye-Al Amine Lo cherche à accélérer les réformes structurelles du pays, la prise en compte de cette urgence consumériste sera un indicateur majeur de la fibre sociale du gouvernement. Pour Eco Citoyen, ne pas agir serait à la fois une faute politique et une violation des engagements internationaux du Sénégal.

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Publié par

Harouna Fall

editor

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