Kaffrine : scandale autour d’un marché public de 710 millions

samedi 10 janvier 2026 • 994 lectures • 0 commentaires

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Kaffrine : scandale autour d’un marché public de 710 millions

Un grave scandale secoue un projet sanitaire d’envergure dans la région de Kaffrine. Selon des informations révélées par Libération, un marché public dépassant 710 millions de francs CFA, portant sur la construction et la supervision de cinq postes de santé, a été entaché par une vaste opération de falsification de documents techniques. Le projet est financé par la Banque africaine de développement (BAD) et exécuté par le Programme d’urgence pour le développement communautaire (PUDC).

Les premières alertes sont apparues à la suite de visites de chantiers effectuées en mai dernier. Des défauts structurels ont été relevés sur plusieurs ouvrages, poussant l’autorité contractante à exiger la production des procès-verbaux d’écrasement du béton, pièces techniques indispensables pour attester de la résistance des constructions. En guise de réponse, l’entreprise chargée des travaux a transmis des documents qui se sont révélés falsifiés.


Les investigations ont mis au jour une usurpation manifeste d’identité. Des documents ont été produits sous de faux en-têtes du Laboratoire national de référence des BTP (LNR-BTP), ainsi que de structures privées telles que Naag Labo et Tout Faire Géotechnique. Saisis pour vérification, ces laboratoires ont catégoriquement nié toute implication, relevant de nombreuses anomalies, notamment des essais de compression prétendument réalisés avant même le prélèvement des échantillons de béton.


L’enquête conduite par l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) a ensuite permis d’obtenir des aveux. Le directeur technique de l’entreprise attributaire du marché, Sante Yalla, ainsi qu’un ancien employé, ont reconnu avoir fabriqué de faux documents. Ils ont également mis en cause le chef de mission du cabinet chargé du contrôle et de la supervision des travaux. Malgré les dénégations du directeur général de l’entreprise, l’ARCOP estime que la société ne pouvait ignorer l’absence des essais requis, pourtant facturés.


Au-delà de la fraude financière, le Comité de règlement des différends (CRD) a insisté sur la gravité humaine de l’affaire. La falsification des tests de résistance du béton a, selon lui, exposé patients et personnels de santé à des risques majeurs, notamment celui d’un effondrement des bâtiments.


À l’issue de la procédure, des sanctions immédiates ont été prononcées. L’entreprise Sante Yalla a écopé d’une amende de 8 millions de francs CFA, assortie d’une menace d’exclusion de la commande publique pour deux ans en cas de non-paiement. Le groupement Deco-Ic/Africonsult, en charge de la mission de contrôle, a pour sa part été sanctionné d’une amende de 2,8 millions, avec un risque d’exclusion d’un an des marchés publics.

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Publié par

Birame Ndour

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