1er mai à La Poste : Le cri de colère des syndicats contre une « direction incompétente »

samedi 2 mai 2026 • 427 lectures • 0 commentaires

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1er mai à La Poste : Le cri de colère des syndicats contre une « direction incompétente »

iGFM - (Dakar) Loin des festivités habituelles, la célébration de la fête internationale du travail a pris des airs de réquisitoire à La Poste du Sénégal. Ibrahima Sarr, porte-parole de la convergence syndicale (SNTPT-SINAP-SLGP), a dressé un bilan noir de la gestion actuelle, accusant le Directeur Général de mener l'institution vers le naufrage.

Le slogan « Jubel, Jubanti » semble s'être arrêté aux portes de La Poste. C'est en substance le message délivré par le secrétaire général du SNTPT ce vendredi. Un an après avoir proposé un « New Deal technologique » pour relancer l'entreprise, les travailleurs font face à un constat qu'ils jugent « désastreux ».


Un « New Deal » resté lettre morte
Il y a un an, une initiative inédite des travailleurs avait réuni tous les acteurs du secteur numérique et postal autour d’un panel de réflexion. Le rapport de synthèse, véritable feuille de route pour le redressement de l'entreprise, devait servir de « viatique » à la direction.


« Malheureusement, un an après, l’évaluation est décevante », martèle Ibrahima Sarr. Le syndicaliste pointe directement du doigt l'incapacité de la direction générale à saisir les opportunités offertes par ce programme et à mettre en œuvre les 15 recommandations phares du conseil interministériel dédié à La Poste.


Un plan de départ « approximatif » et des bureaux en ruine
Selon le syndicat, la seule recommandation appliquée — la rationalisation des effectifs — l'a été de manière catastrophique. Le plan de départs négociés, conduit sans dialogue réel ni inclusion, aurait poussé les travailleurs vers la sortie par pur désespoir.


Pendant que le capital humain s'étiole, le réseau physique s'effondre : Dakar Fann : Autrefois vitrine du réseau, le bureau est aujourd'hui dans un état de dégradation avancée. Kaolack : La recette principale, poumon de l'activité au centre du pays, agonise. Ziguinchor : Le bureau central reste fermé depuis les événements de 2021, faute de ressources pour sa réhabilitation.


Le scandale de la réfection à 50 millions
Le point de rupture semble être atteint avec l'affaire du logement de fonction du Directeur Général. Alors que la direction invoque une « raréfaction des ressources » pour justifier l'absence de réfection des bureaux de poste, les syndicats dénoncent la signature d'un contrat de 50 millions de FCFA pour rénover la résidence du DG.


« Il a choisi ces moments de crise pour penser à son propre confort. C’est archi-faux de dire qu'il a trouvé ce projet ici ; il a lancé la procédure en juillet 2024 et l'a exécutée en octobre », accuse Ibrahima Sarr.


L'appel à la responsabilité du Gouvernement
Face à ce qu'il qualifie d'« incompétence notoire », le front syndical interpelle directement l'État. Si les travailleurs avaient salué la tenue d'un conseil interministériel, ils exigent désormais un suivi rigoureux et une évaluation de l'aptitude de l'équipe dirigeante à mener les réformes nécessaires.


Une question écrite a d'ailleurs été déposée par un député à l'Assemblée nationale. Le syndicat prévient : si des contre-vérités sont servies en réponse à cette interpellation, ils reviendront avec des preuves pour rétablir la réalité des faits. La Poste, pilier de l'inclusion financière, semble plus que jamais à la recherche d'un nouveau souffle.

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Publié par

Harouna Fall

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