Alerte ! La CAN 2025 n’est pas finie
mercredi 21 janvier 2026 • 203 lectures • 0 commentaires
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IGFM - (Dakar) Finie celle des joueurs et des supporters, aux autorités politiques, aux juristes et aux journalistes de jouer la leur
En tant que communicant, ce qui se joue depuis la fin de la CAN 2025 relève d’un mécanisme bien identifié en communication d’influence : le retournement accusatoire, ou accusatory reversal. Cette stratégie consiste à déplacer la responsabilité en plaçant la victime en position de défense, l’obligeant à se justifier pendant que les faits initiaux s’effacent du débat public. Lorsqu’elle s’installe dans l’espace médiatique, elle impose un récit biaisé qu’il devient urgent de corriger.
Le Sénégal a remporté la CAN 2025. Le verdict sportif est clair, définitif, incontestable. Bravo ! La finale s’est jouée et s’est gagnée sur le terrain. Les joueurs ont fait leur travail. Les supporters ont joué pleinement leur rôle. Le trophée est là. Pourtant, depuis le coup de sifflet final, le match s’est déplacé hors du rectangle vert. Il se joue désormais dans l’espace médiatique, juridique et diplomatique, où le Sénégal est progressivement présenté comme l’accusé principal, pendant que d’autres responsabilités restent hors champ.
Accusations, plaintes, menaces de sanctions et communiqués se succèdent, presque exclusivement à charge contre le Sénégal. Le Maroc annonce des recours, la CAF et la FIFA sont interpellées, et l’opinion internationale est travaillée. Dans ce contexte, une question s’impose : pourquoi ne parle-t-on jamais de ce que le Maroc encourt au regard des nombreux manquements observés durant cette CAN organisée sur son sol ?
La délégation sénégalaise a été livrée à elle-même à son arrivée à Rabat, sans dispositif d’assistance sécuritaire conforme aux standards CAF. L’hôtel affecté ne répondait pas aux exigences habituelles pour une finale continentale. Sur le terrain, un joueur sénégalais a été agressé par des ramasseurs de balle, soutenus par un agent de sécurité. Ils l’ont poursuivi sur des centaines de mètres. Un joueur marocain remplacé a été aperçu positionné derrière le but sénégalais en plein match, situation irrégulière. Le coach marocain Regragui a régulièrement quitté sa zon pour empiéter dans celle du coach sénégalais, Brahim Diaz qui littéralement engueulé l’arbitre ,sans aucun réaction opposé à sa réaction quand les joueurs Sénégalais ont proteste sans véhémence, des restaurants sénégalais au Maroc ont été saccagés après le match,.... Trois joueurs sénégalais ont été retirés de la feuille de match pour des raisons de santé bizarres, jamais clairement expliquées. Des incidents graves ont impacté des supporters sénégalais, dont un décès présumé après une agression à l’arme blanche. Certains ont été agressés, des coups leur ont été portés sous l’œil des caméras, des billets ont été retenus ou attribués en nombre insuffisant, en violation des usages. Des supporters ont été retenus dans une gare, sans base légale, privés de leur liberté de circulation, alors même que l’absence de billet ne peut juridiquement justifier une telle mesure.
Même les symboles ont été heurtés. En direct, devant 68 500 spectateurs, capacité officielle du stade Moulay Abdellah de Rabat, un officiel marocain a refusé de prendre le trophée tendu par le président de la CAF et a quitté la cérémonie avant la remise officielle au capitaine sénégalais. Pourtant, dans le récit dominant, ce sont les réactions de quelques joueurs sénégalais après le match qui occupent l’essentiel de l’espace médiatique. Cette lecture sélective alimente pleinement le mécanisme d’accusatory reversal.
Il convient pourtant de rappeler une donnée fondamentale : 68 500 spectateurs, même tous réunis, ne représentent que 0,1176 % des populations cumulées du Maroc et du Sénégal. Le Maroc compte environ 38 430 770 habitants, le Sénégal 19 836 802. Ce qui s’est produit dans un stade, même lors d’une finale continentale, ne saurait engager près de 58 millions de citoyens liés par l’histoire, la foi et les échanges humains.
En relayant sans recul les éléments de langage d’une seule partie, certains médias sénégalais manquent à leur responsabilité première. Informer ne consiste pas à amplifier un récit construit ailleurs. Informer, c’est enquêter, montrer les images, recueillir les témoignages, confronter les versions et rappeler les faits dans leur globalité. La bataille n’est plus sportive. Elle est médiatique et juridique. Les joueurs ont fait leur part. Aux journalistes de faire la leur. Le Sénégal ne doit pas perdre de vue l’enjeu pour la CAF et la FIFA. Si le Maroc est mal noté sur cette CAN, cela crée un doute raisonnable sur la Coupe du monde 2030, co-organisée avec l’Espagne et le Portugal, surtout si on recueille et met sur la table les témoignages des autres pays sur les manquements de l’organisation. Si la majeure partie des pays africains fustigent, le risque est gros. Chez nous y a un adage qui dit, pour savoir si tu es bien ou pas, on demande à ton entourage.
Motsepe et Infantino ne sont pas dupes. Leurs intérêts sont en jeu.
Il est également essentiel que ces mêmes journalistes relisent, expliquent et vulgarisent les éléments de langage du discours du 6 novembre 2016, afin de replacer le débat dans sa profondeur historique et politique, on the record, loin des emballements émotionnels.
De leur côté, les autorités sénégalaises doivent agir off the record, avec méthode et sang-froid. Les textes de la CAF portent une forte empreinte de l’expertise sénégalaise. Le pays dispose de juristes du sport de très haut niveau, à mobiliser immédiatement. Il s’agit de montrer les crocs du Gaïndé sous un masque de velours : fermeté sur les principes, sans jamais rompre le fil de la fraternité.
Un coupable n’aime pas le bruit. Mettre sur la table l’ensemble des faits, images et témoignages permet de rééquilibrer le rapport de force et d’ouvrir plus sereinement la voie des discussions. La CAN 2025 est terminée. Le Sénégal a gagné sur le terrain. Il lui appartient désormais de gagner la bataille du récit, du droit et de la dignité, sans sacrifier l’essentiel : la relation historique avec le Maroc.
Car l’émotion du moment ne doit jamais faire perdre de vue l’essentiel. Ce qui lie le Sénégal et le Maroc est plus fort que ce qui les sépare, par la géographie, par la foi, par l’économie, mais surtout par l’histoire. Les relations entre les deux pays ne datent pas des indépendances. Elles sont qualifiées de séculaires parce qu’elles les précèdent largement et remontent à plusieurs siècles, bien avant l’époque coloniale et la formation des États modernes. Elles se sont construites dans la durée, à travers des échanges politiques, religieux, intellectuels et humains continus. Un symbole fort de cette proximité demeure le discours prononcé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Dakar, le 6 novembre 2016, à l’occasion de la Marche Verte. Ce discours, prononcé hors du territoire marocain, constitue un geste diplomatique inédit dans l’histoire contemporaine africaine. Il traduisait une confiance politique rare, une reconnaissance explicite du rôle du Sénégal et une vision partagée du destin du continent, fondée sur la solidarité Sud-Sud, le respect mutuel et le refus des divisions artificielles.
C’est précisément parce que ces liens sont profonds qu’il faut maintenant regarder lucidement ce qui s’est passé durant cette CAN. Les faits existent. Ils sont documentables et, pour certains, visibles en mondovision.
Après les joueurs et les supporters, aux autorités et aux journalistes de jouer pleinement leur rôle.
Le Sénégal a changé et le monde doit s'en rendre compte : "enfer de Suruléré", "Stade des Martyrs", ... il n'est plus permis de faire peur au Sénégal. On reste le pays de la Téranga mais on peut rendre coup sur coup. Le respect ne se quémande pas, il s'arrache !
Donc, ensemble, Africains de tous bords, faisons en sorte que l’adversité reste sur le terrain. C’est juste du sport. Passionnant, inhibiteur de frustrations, mais juste du sport. N’est-ce Yassine et Coulibaly ?
Doudou NDIAYE
Supporter Sénégalais
Publié par
Harouna Fall
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