Le luxe des députés, la pauvreté du peuple
jeudi 8 janvier 2026 • 273 lectures • 5 commentaires
Blog
22 heures
Taille
iGFM - (Dakar) Pendant que le Sénégal serre la ceinture, ses députés, eux, desserrent la climatisation de leurs 4x4 flambant neufs. Voilà le visage réel de la majorité présidentielle : un pouvoir qui prêche l’austérité au peuple et pratique l’opulence pour lui-même.
La dotation de véhicules estimés à environ 54 millions de FCFA par député n’est ni un détail administratif, ni un débat technique. C’est un scandale politique et moral, dans un pays frappé par la cherté de la vie, le chômage massif et des finances publiques exsangues et sous tension permanente.
Le député Thierno Alassane Sall a eu le courage de dire ce que la majorité refuse d’assumer : ce choix est indécent. Et c’est précisément pour cela qu’il dérange.
Comparaison internationale : quand l’indécence devient grotesque
Regardons les chiffres. Froidement. Brutalement. Ils sont têtus.
La France, puissance économique mondiale :
PIB annuel : environ 3 000 milliards de dollars, soit 1 700 000 milliards de FCFA
PIB par habitant : 48 000 dollars, soit près de 27 millions de FCFA par an
Pays classé parmi les 30 économies les plus riches du monde
Le Sénégal, pays en développement :
PIB annuel : environ 35 milliards de dollars, soit 21 000 milliards de FCFA
PIB par habitant : environ 1 700 dollars, soit à peine 1 million de FCFA par an
Classement mondial : au-delà du 150ᵉ rang
Et dans ce contexte, un député sénégalais se voit attribuer un véhicule qui coûte plus de 50 fois le revenu annuel moyen d’un citoyen.
Oui, plus de cinquante années de revenu pour une seule voiture.
C’est simple à comprendre :
Dans un pays pauvre, les élus roulent comme dans un pays riche.
Le peuple, lui, se déplace ne charrette tractée.
Le Président de l’Assemblée nationale se retranche derrière des “procédures respectées”.
Le Premier ministre esquive.
Le Président de la République se tait.
Mais la légalité ne remplace jamais la légitimité.
On peut signer des marchés publics et trahir l’esprit républicain.
Dans un pays où :
des hôpitaux manquent d’équipements,
des écoles manquent de tables,
des familles manquent de repas,
des jeunes manquent d’avenir,
choisir d’investir des centaines de millions de FCFA dans des voitures pour députés relève non pas de la gouvernance, mais de l’arrogance institutionnelle.
On ne peut pas demander aux Sénégalais :
d’accepter la hausse des prix,
de supporter la pression fiscale,
de patienter face au chômage,
tout en offrant des véhicules de luxe à ceux qui votent les lois.
Ce n’est pas de la gouvernance. C’est de la prédation institutionnelle.
Ce débat n’est pas technique, il est moral
La question n’est pas de savoir si un député a besoin d’un moyen de déplacement.
La vraie question est celle-ci :
Pourquoi le confort d’une minorité passe-t-il avant la survie de la majorité ?
Pourquoi demander des sacrifices au peuple tout en sanctuarisant les privilèges du pouvoir ?
Cette voiture n’est pas un outil de travail.
C’est un symbole : celui d’un pouvoir déconnecté, qui a perdu le sens des priorités et confond mandat public et récompense personnelle.
Une ligne de fracture claire
Aujourd’hui, deux visions du Sénégal s’opposent.
D’un côté, ceux qui pensent que gouverner donne droit au luxe.
De l’autre, ceux qui savent que gouverner impose l’exemplarité, surtout dans un pays pauvre.
L’Histoire jugera les actes.
Mais le peuple, lui, a déjà rendu son verdict.
On peut rouler en 4x4 et perdre toute crédibilité.
On peut refuser le luxe et rester du bon côté de l’Histoire
Par Aly BATHILY
A Paris, le 06 janvier 2025
Publié par
Harouna Fall
editor
![]()
iRevue du 9 janv.
Il est 08:48 •
°C
Nous avons sélectionné les meilleurs articles de la journée.
Une revue sera automatiquement générée avec les meilleurs articles du moment sur les différents supports iGFM, Record et L'Obs.
Le luxe des députés, la pauvreté du peuple
274 lectures • 5 commentaires
Blog 22 heures
Du Venezuela au Sahel : le Droit international en lambeaux, (Par Babacar Justin Ndiaye)
1198 lectures • 0 commentaires
Blog 5 jours
Après l’échec de l’emprunt de 400 milliards et cinq décrets d’avance - la Loi de finances rectificative devient inévitable
1637 lectures • 2 commentaires
Blog 1 semaine
Drogue au Sénégal : une lutte renforcée face à un fléau qui se banalise
1414 lectures • 0 commentaires
Blog 1 semaine
APR, un parti qui n’est pas comme les autres
1001 lectures • 0 commentaires
Blog 1 semaine
«Je suis une folle de foot...», l'ancienne ministre Aminata Angélique MANGA, parle de sa passion
1386 lectures • 2 commentaires
Blog 2 semaines
La lecture continue...
Le luxe des députés, la pauvreté du peuple
274 lectures • 5 commentaires
Blog 22 heures
Du Venezuela au Sahel : le Droit international en lambeaux, (Par Babacar Justin Ndiaye)
1198 lectures • 0 commentaires
Blog 5 jours
Après l’échec de l’emprunt de 400 milliards et cinq décrets d’avance - la Loi de finances rectificative devient inévitable
1637 lectures • 2 commentaires
Blog 1 semaine
Drogue au Sénégal : une lutte renforcée face à un fléau qui se banalise
1414 lectures • 0 commentaires
Blog 1 semaine
APR, un parti qui n’est pas comme les autres
1001 lectures • 0 commentaires
Blog 1 semaine
«Je suis une folle de foot...», l'ancienne ministre Aminata Angélique MANGA, parle de sa passion
1386 lectures • 2 commentaires
Blog 2 semaines

5 Commentaires