Lettre ouverte à Monsieur Ousmane Sonko

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Lettre ouverte à Monsieur Ousmane Sonko

iGFM - (Dakar) Objet : Notre profond désaccord face à l’annonce du refus de voter les lois de finances — Le Sénégal doit passer avant les divergences politiques.

Dakar, le 19 octobre 2026
Par Monsieur Matar Diène, Président du Mouvement Initiative Citoyenne pour le Développement du Sénégal (ICDS)


Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,


C’est avec une profonde préoccupation et un réel étonnement que j’ai suivi votre déclaration annonçant que les députés de votre formation politique ne voteraient ni la loi de finances rectificative de 2026 ni la loi de finances initiale de 2027, tant que certaines conditions ne seraient pas satisfaites.


En ma qualité de Président du Mouvement Initiative Citoyenne pour le Développement du Sénégal (ICDS), je tiens à exprimer publiquement mon profond désaccord avec cette position qui risque, si elle est maintenue, de fragiliser le fonctionnement de nos institutions et d'accentuer les incertitudes économiques de notre pays.


Monsieur le Président,


Le budget de l'État n'est ni un instrument de pression politique ni une propriété exclusive d'une formation partisane. Il constitue le principal outil de mise en œuvre des politiques publiques et de réponse aux préoccupations quotidiennes de millions de Sénégalais.


Derrière chaque loi de finances, il y a des écoles à construire, des hôpitaux à équiper, des emplois à créer, des entreprises à accompagner et des familles qui attendent des réponses concrètes à leurs difficultés.


Nous reconnaissons pleinement le droit des parlementaires de contrôler l'action gouvernementale, de dénoncer les insuffisances budgétaires et d'exiger une meilleure transparence dans la gestion des deniers publics, notamment concernant les fonds spéciaux.


Mais contrôler ne signifie pas bloquer. S'opposer ne signifie pas paralyser. Et exercer une majorité parlementaire ne doit jamais conduire à faire passer les divergences politiques avant l'intérêt supérieur de la Nation.


Monsieur Ousmane Sonko,


Le Sénégal traverse une période où nos concitoyens attendent des responsables politiques davantage de stabilité, de responsabilité et de résultats.


Les Sénégalais ont besoin d'institutions qui dialoguent, d'un pouvoir exécutif qui gouverne et d'une Assemblée nationale qui légifère et contrôle dans le respect de ses prérogatives constitutionnelles.
Les éventuels désaccords entre les différentes institutions de la République doivent trouver leurs solutions dans le dialogue, la concertation et les procédures parlementaires prévues par nos textes.
Nous refusons que les finances publiques deviennent le terrain d'un affrontement politique dont les premières victimes pourraient être les populations sénégalaises.


En tant que Président de l'ICDS, j'estime que la responsabilité d'un homme d'État ne consiste pas uniquement à défendre ses convictions, mais également à préserver l'équilibre institutionnel, la stabilité nationale et la continuité de l'action publique.


C'est pourquoi nous lançons un appel solennel :


À Monsieur Ousmane Sonko, afin qu'il privilégie le dialogue institutionnel et permette un examen serein des projets de lois de finances.


Aux députés de la majorité comme de l'opposition, afin qu'ils exercent librement leurs responsabilités, dans l'intérêt exclusif du peuple sénégalais.


Au Gouvernement, afin qu'il apporte toutes les clarifications nécessaires et accepte les améliorations susceptibles de renforcer la transparence et la justice budgétaire.


Monsieur le Président, une majorité parlementaire doit être une force de proposition, de contrôle et de construction nationale, et non un facteur d'incertitude pour notre République.


Notre mouvement politique, l'ICDS, demeure attaché au respect des institutions, à la bonne gouvernance, à la transparence des finances publiques et à la primauté de l'intérêt général.
Nous ne sommes pas contre un homme. Nous défendons un principe : aucune ambition personnelle, aucune divergence partisane et aucun calcul politique ne doivent compromettre l'avenir du Sénégal.
L'histoire jugera chacun de nous, non sur la force de ses déclarations, mais sur sa capacité à servir la Nation dans les moments décisifs.


Le Sénégal est au-dessus des partis. La République est au-dessus des intérêts particuliers. Et le peuple sénégalais doit rester notre seule véritable priorité.
Vive la République !
Vive le Sénégal !
Matar DIÈNE
Président du Mouvement ICDS
Initiative Citoyenne pour le Développement du Sénégal
« La force tranquille au service du Sénégal. »

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Publié par

Harouna Fall

editor

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