WALLY SECK NOUVEL AMBASSADEUR DE LA LISCA «Ma sœur s’en est allée en plein octobre rose. Je pense que c’était un message divin»

jeudi 1 octobre 2026 • 717 lectures • 0 commentaires

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WALLY SECK NOUVEL AMBASSADEUR DE LA LISCA «Ma sœur s’en est allée en plein octobre rose. Je pense que c’était un message divin»

iGFM - (Dakar) De la scène aux combats de société, Wally Seck franchit un nouveau cap dans son engagement. L’artiste vient d’être officiellement nommé ambassadeur de la Ligue sénégalaise contre le cancer (LISCA), avec pour mission de contribuer à la sensibilisation, à la prévention et au rayonnement des actions de l’association.

Une mission qui prend, chez lui, une résonance toute particulière : en l’espace de trois mois, il a perdu plusieurs femmes de sa famille, dont sa sœur ainée Moumy Seck, décédée le 6 octobre, en plein Octobre Rose, puis sa mère Fatou Kiné Diouf Diaga, qu’il décrit comme son «socle». Dans cet entretien, le chanteur revient sur ce deuil qui a changé son regard sur le cancer, mais aussi sur la responsabilité que lui confère son immense popularité. Il dévoile sa vision d’un discours de prévention moins anxiogène, évoque la possibilité d’utiliser ses concerts comme espaces de sensibilisation et promet un engagement qui, assure-t-il, «sera plus que symbolique».


Vous êtes aujourd’hui un ambassadeur de la LISCA. Qu'est-ce qui vous aconvaincu de mettre votre voix et votre influence au service de la lutte contrele cancer ?


En tant qu’artiste, je reçois énormément d’amour du public sénégalais. Et cet amour, je considère qu’il vient aussi avec une responsabilité sociale. Quand des générations de Sénégalais vous accompagnent, vous soutiennent, vous donnent une place dans leur vie, vous ne pouvez pas uniquement prendre cet amour et continuer votre chemin comme si de rien n’était. À un moment, il faut aussi savoir le rendre.Je ne pouvais donc plus me contenter de chanter la vie, l’amour ou les émotions sans essayer de m’engager concrètement pour des causes qui touchent notre société. Cette mission auprès de la LISCA entre dans cette logique. Ce n’est d’ailleurs pas mon premier engagement : je suis également ambassadeur des personnes atteintes d’albinisme au Sénégal.


Vous portez la voix de la musique. Que change le fait de devenir la voix d'unecause qui touche tant de familles sénégalaises ?


Cela change beaucoup de choses, parce qu’on ne parle plus simplement de musique ou de divertissement. Quand une cause touche autant de familles, chaque mot compte. Ma notoriété peut permettre de toucher des personnes qui ne vont pas forcément écouter un discours institutionnel ou lire une affiche de prévention. Si ma voix peut rassurer une femme, convaincre quelqu’un de ne plus avoir peur du dépistage ou simplement amener une famille à parler du cancer, alors je considère qu’elle a une utilité qui dépasse la scène. C’est cette responsabilité-là que j’accepte aujourd’hui.


«Cette mission auprès de la LISCA a une résonance particulière pour moi. Je parle de quelque chose que ma famille a vécu, que j’ai vécu et dont je porte encore les traces»


Les cancers féminins sont au cœur de la sensibilisation de la LISCA. Pourquoicette question vous interpelle-t-elle particulièrement ?


En l’espace de trois mois, j’ai perdu plusieurs femmes de ma famille, paix à leurs âmes. Elles se sont toutes battues corps et âme contre cette maladie. Et l’une d’entre elles, ma sœur, s’en est allée le 6 octobre, en plein Octobre Rose. Je me suis beaucoup interrogé sur cette coïncidence. Je pense que c’était peut-être un message divin. J’ai à peine eu le temps de faire face à cette perte que ma mère, qui était mon socle, s’en est suivie. Ce sont des épreuves qui vous changent forcément. Aujourd’hui, quand je parle du cancer, je ne parle donc pas d’une maladie que j’ai simplement vue autour de moi : je parle de quelque chose que ma famille a vécu, que j’ai vécu et dont je porte encore les traces. C’est pour cela que cette mission auprès de la LISCA a une résonance particulière pour moi.


Que savez-vous aujourd'hui de la situation du cancer au Sénégal : dépistage,accès aux soins, coût des traitements ?


Ce que je sais surtout aujourd’hui, c’est que le cancer reste une épreuve très lourde pour beaucoup de familles sénégalaises. Les traitements sont coûteux et ne sont malheureusement pas toujours à la portée de tout le monde. Quand on a vécu la maladie dans son entourage, on comprend aussi que le combat ne concerne pas seulement le patient : toute la famille est touchée. Il y a heureusement des initiatives de prévention et de sensibilisation. La LISCA organise notamment des journées de dépistage gratuit pendant le mois d’Octobre Rose et propose une subvention importante pour les mammographies. Ce sont des dispositifs qu’il faut davantage faire connaître. Je pense surtout que les femmes doivent apprendre à être attentives à leur corps et à ne pas avoir peur de se faire dépister. Parce que plus on dépiste tôt, plus on se donne une chance d’agir tôt.


Beaucoup de femmes repoussent le dépistage par peur, manque d'information ou de moyens. Quel discours pouvez-vous tenir que les campagnes classiques n'arrivent pas à faire entendre ?


La peur est probablement l’une des réactions les plus humaines face au cancer. Quand on entend : «Le cancer tue, dépistez-vous», certaines personnes n’entendent que le mot «tue». Et cela peut justement provoquer l’effet inverse : on préfère ne pas savoir. Je pense qu’il faut changer notre manière de parler du dépistage. Il ne faut pas donner aux femmes l’impression qu’on leur demande d’aller chercher une mauvaise nouvelle. Il faut leur faire comprendre qu’on leur donne au contraire une possibilité d’anticiper, de se protéger et de rester debout pour ceux qui les aiment.Le dépistage n’est pas là pour faire peur. Il est là pour nous donner une longueur d’avance. Tout est dans l’approche et dans le choix des mots.


«Si ma voix peut un jour contribuer à sauver une vie, alors ce sera probablement l’un des plus beaux rôles qu’elle aura joué»


Des millions de personnes vous suivent. Mesurez-vous la responsabilité deparler de maladie, de prévention et de sujets qui dérangent ?


Je mesure totalement cette responsabilité. Aujourd’hui, mon public est très large, mais ceux qui connaissent mon parcours savent qu’à mes débuts, les femmes et les enfants occupaient une place très importante dans mon public. Ce sont des personnes qui m’ont accompagné, soutenu, porté et qui ont contribué à faire de moi l’artiste que je suis devenu. Alors aujourd’hui, si j’ai une voix qui porte, je pense que je leur dois aussi de l’utiliser pour quelque chose qui peut leur être utile. Je ne veux pas seulement être celui qu’elles viennent écouter ou applaudir. Si ma voix peut un jour contribuer à sauver une vie, alors ce sera probablement l’un des plus beaux rôles qu’elle aura joué. Je leur dois bien cela.


Un ambassadeur n'est pas médecin. Comment éviter que votre popularité neserve à relayer des messages approximatifs sur la santé ?


Je suis parfaitement conscient qu’un ambassadeur n’est pas un médecin, et je ne chercherai jamais à me substituer aux professionnels de santé. Mon rôle est différent : je dois faire passer le message, attirer l’attention, encourager et surtout orienter vers les bonnes informations. Pour cette mission, la LISCA sera notre référence. Je ne donnerai donc ni prescriptions ni recommandations médicales. Tout message que je porterai devra être clair, juste et validé dans le cadre de ma mission. Je sais ce que je suis : un artiste qui peut faire passer un message à beaucoup de monde. Je sais aussi ce que je ne suis pas : un médecin. Je ne pourrai jamais porter cette casquette. Peut-être dans une autre vie ! (Rires.)


Certains diront que les ambassadeurs de célébrité restent souventsymboliques. Comment jugerez-vous votre action dans un an, et sur quelsrésultats ?


(Rires.) Celui-ci sera plus que symbolique. Je ne veux pas être un ambassadeur dont on voit simplement le visage sur une affiche ou pendant une campagne. Si j’accepte cette mission, c’est pour essayer d’être utile. Dans un an, j’aimerais pouvoir regarder le chemin parcouru et me dire que ma présence a réellement contribué à faire bouger les choses. J’ose même espérer que la LISCA enregistrera son plus grand taux de dépistage annuel depuis son existence. Mais au-delà des chiffres, j’aimerais surtout que beaucoup plus de femmes parlent du dépistage sans avoir peur, qu’elles comprennent son importance et qu’elles prennent le réflexe de se faire accompagner. Si, grâce à cette mission, une femme décide de se faire dépister à temps, alors je considérerai déjà que nous n’avons pas travaillé pour rien.


La convention avec la LISCA doit déboucher sur des actions de terrain. Quepréparez-vous ensemble, et selon quel calendrier ?


La LISCA va prochainement décliner le calendrier des actions qui seront menées sur le terrain. Je préfère donc laisser l’association communiquer précisément sur les dates et les dispositifs. Ce que je peux dire, c’est que je ne souhaite pas que cette mission reste virtuelle. Il faut aller vers les gens, là où ils sont, leur parler avec des mots simples et leur donner envie d’agir. Toutes les informations seront évidemment relayées sur mes réseaux sociaux, mais je veux surtout que mes réseaux servent de passerelle vers les actions concrètes de la LISCA.


«J’aimerais que quelqu’un puisse venir à un de mes concerts pour danser, chanter, repartir heureux… mais aussi, avec une information qui peut lui sauver la vie ou celle d’un proche»


Votre communauté est très jeune. Envisagez-vous de faire de vos concerts et de votre musique des espaces de sensibilisation et de dépistage ?


Oui, c’est prévu. Mes concerts rassemblent énormément de personnes et je pense qu’il serait dommage de ne pas profiter de ces moments pour faire passer des messages qui peuvent avoir une véritable utilité. L’idée est de jouer, à notre niveau, le rôle de relais communautaires. Quand les gens viennent pour écouter de la musique, ils sont dans un moment de partage et d’attention. C’est aussi une occasion de leur parler autrement de prévention. Pour le dépistage lui-même, tout dépendra du dispositif que la LISCA pourra mettre en place sur les lieux de concert. Nous sommes justement en train d’étudier toutes les possibilités.J’aimerais que quelqu’un puisse venir à un de mes concerts pour danser, chanter, repartir heureux… mais aussi repartir avec une information qui peut lui sauver la vie ou celle d’un proche.


Seriez-vous prêt à rencontrer les malades et leurs familles, même quand c'est émotionnellement difficile ?


Oui, bien sûr. Je sais que ce ne sera pas toujours facile émotionnellement, surtout avec ce que j’ai moi-même vécu récemment. Mais si ma présence peut apporter un peu de réconfort à une patiente ou à une famille, je le ferai avec plaisir. Parfois, on pense qu’il faut forcément avoir les mots parfaits. Mais auprès d’une personne malade, être là, écouter, tenir une main ou simplement montrer qu’elle n’est pas seule peut déjà avoir beaucoup de valeur. Si mon rôle d’ambassadeur peut aussi être celui-là, je l’assumerai pleinement.


Une seule phrase à adresser à une femme qui vient d'apprendre qu'elle a un cancer : que voudriez-vous qu'elle entende de Wally Seck ?


Je lui dirais : tu resteras forte, tu resteras debout pour les gens qui t’aiment. Ce diagnostic ne doit pas être vécu comme une condamnation ou comme la fin de tout. C’est le début d’un chemin, d’un combat vers la guérison. Ne laisse pas la peur décider à ta place. Accroche-toi à ceux qui t’aiment, fais-toi accompagner et avance…


Maria Dominica T. Diedhiou


 


 


 


 

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Publié par

Mame Fama GUEYE

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