Bissau: Me Boucounta DIALLO débarque pour blinder la défense de Domingos Simões Pereira

samedi 11 juillet 2026 • 273 lectures • 0 commentaires

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Bissau: Me Boucounta DIALLO débarque pour blinder la défense de Domingos Simões Pereira

iGFM - (Dakar) En Guinée-Bissau, l’étau continue de se resserrer autour de l’opposant Domingos Simões Pereira. Présenté devant un juge avant d’être renvoyé en détention, l’ancien Premier ministre Domingos Simões Pereira et figure majeure de l’opposition voit sa situation judiciaire s’alourdir dans un contexte où les garanties de l’État de droit semblent chaque jour davantage s’effacer.

 Selon des informations exclusives obtenues par Confidentiel Afrique, l’éminent avocat sénégalais Me Boucounta Diallo a déjà fait ses valises en direction de Bissau pour sortir du « trou » son client DSP.


Plus inquiétant encore, les restrictions imposées à ses droits de visite alimentent les craintes de ses proches et de ses soutiens. Au-delà de l’isolement psychologique qu’elles imposent, elles soulèvent une question essentielle : qui pourra répondre de sa sécurité si son intégrité physique venait à être menacée derrière les barreaux ?


Pour de nombreux observateurs, la procédure engagée contre Domingos Simões Pereira dépasse largement le simple cadre judiciaire. Elle s’inscrit dans une séquence politique marquée par la concentration du pouvoir, la marginalisation des voix dissidentes et le recours croissant à l’appareil judiciaire pour neutraliser les adversaires les plus influents.


Un poids lourd et habitué du prétoire à la rescousse de Domingos Simões Pereira 


Selon des sources autorisées parvenues à Confidentiel Afrique, le président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (Paigc), Domingos Simões Pereira, a été renvoyé en catimini ce vendredi en prison, après son inculpation par le juge Mamadú Embaló pour « tentative de coup d’État ». Confidentiel Afrique a appris de sources bien informées que le président Domingos Simões Pereira a commis l’éminent avocat sénégalais Me Boucounta Diallo pour blinder  sa défense, compte tenu de son expérience dans la gestion des dossiers judiciaires délicats. Selon des informations exclusives de Confidentiel Afrique, l’avocat sénégalais Me Boucounta Diallo a pris toutes les dispositions de sécurité et rempli toutes les formalités d’usage auprès du Barreau de Dakar.


Face à cette procédure hautement sensible, le camp de Domingos Simões Pereira a décidé de renforcer sa défense en faisant appel à Me Boucounta Diallo, avocat sénégalais réputé pour son engagement dans les dossiers relatifs aux droits humains et aux libertés publiques. Cette commission traduit la volonté de l’opposant de porter le combat sur le terrain du droit, mais aussi d’internationaliser une affaire que ses soutiens considèrent comme éminemment politique. En sollicitant une personnalité reconnue du barreau sénégalais, la défense entend démontrer que le dossier dépasse les frontières de la Guinée-Bissau et interpelle l’ensemble de la communauté ouest-africaine sur le respect des garanties judiciaires et de l’État de droit. Rappelons que Me Boucounta Diallo avait vécu des jours cauchemardesques lorsqu’il défendait l’opposant congolais André Okombi Salissa. Le Tribunal de grande instance de Brazzaville l’avait tout simplement expulsé de l’audience.


L’ancien président Umaro Sissoco Embaló, dont l’influence sur les institutions demeure un sujet de débat, est régulièrement accusé par ses détracteurs d’avoir contribué à installer un système où la séparation des pouvoirs est devenue largement théorique. Dans ce climat, chaque décision de justice concernant les opposants est accueillie avec une profonde suspicion, tant l’indépendance des magistrats apparaît fragilisée.


À cette crise politique s’ajoute une réputation internationale particulièrement lourde. Depuis des années, la Guinée-Bissau demeure associée aux routes du narcotrafic reliant l’Amérique latine à l’Europe. Les rapports internationaux ont régulièrement décrit le pays comme un point de transit privilégié de la cocaïne. Si aucune preuve publique ne permet d’établir que les procédures visant Domingos Simões Pereira seraient financées ou dictées par les intérêts des cartels colombiens, cette économie criminelle continue de nourrir les interrogations sur les réseaux d’influence qui prospèrent dans un État aux institutions fragiles.


Le risque est désormais double


D’une part, celui d’une justice dont la crédibilité s’effondre à mesure qu’elle est perçue comme un prolongement du pouvoir politique. D’autre part, celui de voir la Guinée-Bissau s’enfoncer dans une spirale où l’opposition n’est plus combattue dans les urnes, mais dans les tribunaux et les prisons.


L’affaire Domingos Simões Pereira est ainsi devenue bien plus que le dossier d’un opposant. Elle constitue un test pour l’ensemble des institutions bissau-guinéennes et pour les partenaires internationaux qui affirment défendre la démocratie, mais dont le silence devient de plus en plus difficile à justifier.


Car lorsqu’un adversaire politique est privé de liberté dans des conditions contestées, que ses droits fondamentaux sont restreints et que sa sécurité suscite des inquiétudes, ce n’est plus seulement son destin qui se joue. C’est celui d’un pays où la justice risque de perdre sa raison d’être : protéger le droit plutôt que servir le pouvoir.


Par Chérif Ismael AÏDARA (Confidentiel Afrique)

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Publié par

Harouna Fall

editor

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