Deyna Balde : "La santé et la dignité des jeunes filles ne devraient jamais dépendre de leur lieu de naissance"
vendredi 6 février 2026 • 495 lectures • 0 commentaires
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iGFM - (Dakar) Chanteuse révélée au grand public, actrice de séries, épouse et partenaire artistique du beatmaker Brill Fight 4, Dieyna Baldé incarne une nouvelle génération d’artistes sénégalais qui refusent de se limiter à un seul registre. Entre musique, cinéma et engagement social, elle construit un parcours hybride, nourri par ses expériences personnelles, ses combats citoyens et son regard sur la jeunesse.
Vous êtes à la fois chanteuse et actrice de séries. Aujourd’hui, comment vous définissez-vous : artiste polyvalente ou en transition vers le cinéma ?
Je me définis clairement comme une artiste polyvalente. La musique reste mon premier amour, c’est par elle que le public m’a connue et reconnue. Mais le cinéma m’offre la possibilité d’explorer d’autres émotions et d’autres histoires. À travers les rôles que j’incarne, je découvre des univers humains différents du mien. Je ne quitte donc pas la musique, j’agrandis simplement mon univers artistique, en ajoutant une autre corde à mon arc.
«La musique exprime mes émotions, le cinéma me fait vivre celle des autres»
Qu’est-ce que le jeu d’actrice vous apporte que la musique ne vous donne pas ?
La musique me permet avant tout d’exprimer mes propres émotions, mes ressentis, mes blessures et mes joies. Le cinéma, lui, me permet de vivre celles des autres. Quand j’interprète un personnage, je découvre des réalités parfois très éloignées de la mienne. Cela m’oblige à être plus attentive aux autres, plus sensible, plus ouverte. Et paradoxalement, cette expérience enrichit aussi ma musique, car je chante ensuite avec plus de profondeur.
Votre notoriété a grandi ces dernières années. Est-ce que cela a changé votre rapport au public ?
Oui, beaucoup. Avant, je chantais surtout par passion, sans trop réfléchir à l’impact que cela pouvait avoir. Aujourd’hui, je suis consciente que mes paroles, mes choix artistiques et même mon comportement peuvent influencer des jeunes filles. Cette visibilité m’a donné un véritable sens des responsabilités. Je fais plus attention à ce que je représente, parce que je sais que certaines me prennent comme modèle.
Vous avez lancé le projet «Dieyna à Kolda», axé sur la santé et la protection des adolescentes. Pourquoi ce choix ?
Kolda est une région qui fait face à de nombreux défis liés à la santé des adolescentes : les grossesses précoces, le manque d’informations, les tabous autour des règles et du corps féminin. J’ai voulu aller là où le besoin est le plus grand, pas forcément là où c’est le plus médiatisé. Ce projet est né d’une volonté de servir concrètement, pas seulement de parler.
«Voir des filles très jeunes déjà mères, parfois obligées d’abandonner... Beaucoup vivent des choses naturelles dans la honte et le silence»
Qu’est-ce qui vous a le plus marquée sur le terrain pour vous pousser à parler de grossesses précoces, de santé sexuelle et d’hygiène menstruelle ?
Voir des filles très jeunes déjà mères, parfois obligées d’abandonner l’école. Mais surtout, constater le manque d’informations sur leur propre corps. Beaucoup vivent des choses naturelles dans la honte et le silence, comme si c’était une faute. Cette réalité m’a profondément bouleversée et a renforcé ma détermination à agir.
Souhaitez-vous étendre ce projet à d’autres régions ?
Oui, clairement. «Dieyna à Kolda» n’est qu’un début. Mon rêve est d’en faire un programme durable, qui touche plusieurs régions du Sénégal. La santé et la dignité des jeunes filles ne devraient jamais dépendre de leur lieu de naissance.
Vous multipliez les featurings avec votre mari, Brill Fight 4, beatmaker et chanteur reconnu. Est-ce un choix artistique ou une évidence personnelle ?
C’est un mélange des deux. On se comprend naturellement, on partage une même sensibilité musicale. Mais si la musique n’était pas bonne, on ne sortirait rien ensemble. L’amour ne remplace pas le talent, il l’accompagne seulement.
Certains estiment que vous formez désormais un duo. Vous reconnaissez-vous dans cette idée de couple artistique ?
Oui, d’une certaine manière. Chacun a sa carrière, ses projets personnels, mais quand on collabore, il y a une vraie alchimie. Le public ressent cette énergie et nous aussi. C’est une collaboration qui se fait naturellement.
«Mes feats avec mon époux Brill… Avant notre mariage, il y a eu beaucoup de jugements, de pressions… Si notre histoire peut donner de l’espoir…»
Travailler avec son époux est-il un avantage ou un défi dans la création musicale ?
C’est un avantage parce qu’il y a une confiance totale. Mais c’est aussi un défi, car il faut apprendre à séparer le travail de la vie privée. On apprend à communiquer avec respect, même en studio, pour éviter que les émotions personnelles n’empiètent sur la création.
Avant votre mariage, votre relation a beaucoup fait parler avec des épisodes difficiles et très médiatisés. Comment avez-vous traversé cette période ?
Ce n’était pas facile. Il y avait beaucoup de jugements, de rumeurs et de pressions. Nous avons compris qu’il valait mieux se parler en privé plutôt que de répondre au bruit extérieur. La patience et la foi nous ont énormément aidés à tenir.
Est-ce que ces épreuves ont renforcé votre couple et votre collaboration artistique ?
Oui. Les moments difficiles nous ont obligés à grandir, chacun de son côté et ensemble. Aujourd’hui, on se comprend mieux, et cette maturité se ressent aussi dans notre musique.
Souhaitez-vous que votre public vous voit comme un symbole de résilience conjugale ou simplement deux artistes qui s’aiment et travaillent ensemble ?
Je dirais simplement deux êtres humains qui s’aiment et essaient de construire quelque chose de sain. Si notre histoire peut donner de l’espoir à quelqu’un, tant mieux, mais nous ne cherchons pas à être un symbole.
«J’ai soutenu Diomaye Faye et Ousmane Sonko parce que j’avais envie de changement, de justice et d’opportunités pour la jeunesse. Je préfère être sincère plutôt que neutre par peur»
On vous a vue très engagée lors des événements de la coalition autour de Bassirou Diomaye Faye et d’Ousmane Sonko, avant et après leur arrivée au pouvoir. Qu’est-ce qui vous a motivée à les soutenir publiquement ?
Parce que, comme beaucoup de jeunes Sénégalais, j’avais envie de changement, de justice et de plus d’opportunités pour la jeunesse. Mon soutien venait d’une conviction personnelle et citoyenne.
Votre engagement était-il politique ou simplement citoyen ?
Citoyen avant tout. Je suis une artiste, pas une politicienne. Mais je reste une Sénégalaise concernée par l’avenir de son pays.
Ne craignez-vous pas que cette proximité avec le pouvoir vous colle une étiquette politique et influence votre carrière artistique ?
C’est un risque, oui. Mais je préfère être sincère plutôt que neutre par peur. Tant que je reste respectueuse et cohérente, mon art continuera de parler pour moi.
Êtes-vous d’avis qu’un artiste doit rester neutre ou peut-il prendre position quand il croit en une cause ?
Chaque artiste choisit sa manière de s’exprimer. Certains le font uniquement à travers leur art, d’autres aussi publiquement. Quand une cause touche tes valeurs profondes, s’exprimer peut devenir une responsabilité.
Votre art est-il influencé par votre vision du Sénégal ?
Oui, forcément. Ce que je vois, ce que vivent les jeunes, leurs espoirs et leurs difficultés nourrissent mes textes et mes rôles. L’artiste est toujours, d’une certaine manière, le miroir de sa société.
Entre musique, cinéma et action sociale. Quelle est votre priorité ?
Trouver l’équilibre entre musique, cinéma et engagement social. La Dieyna de demain, je la veux plus utile, plus consciente et toujours connectée à son public.
MARIA DOMINICA T. DIEDHIOU
Publié par
Mame Fama GUEYE
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