LIBERTE DE PRESSE : Mamadou Ibra Kane charge sévèrement l'ex-Pm Sonko

lundi 27 juillet 2026 • 119 lectures • 0 commentaires

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LIBERTE DE PRESSE : Mamadou Ibra Kane charge sévèrement l\'ex-Pm Sonko

iGFM - (Dakar) Dans une tribune au vitriole publiée ce lundi dans les colonnes du quotidien Walfadjri, le président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), Mamadou Ibra Kane, livre un réquisitoire sans concession contre la gestion du Premier ministre démis. Sous le titre « Bâillonnement de la presse privée », le patron de presse dresse un bilan sombre des deux dernières années, dénonçant un asphyxie économique et institutionnelle des médias.

Sans jamais nommer explicitement Ousmane Sonko, qu'il qualifie de « Premier ministre démis », Mamadou Ibra Kane accuse l'ancien chef du gouvernement d'avoir instauré un « climat de terreur » et d'avoir cherché à neutraliser la presse indépendante.


Un réquisitoire contre la gestion politique et économique


Dans la première partie de son texte, le président du CDEPS dresse la liste des griefs retenus contre l'action du gouvernement sortant :


Répression et libertés : Il évoque des emprisonnements arbitraires de responsables politiques, de leaders d'opinion et de journalistes, ainsi que des tentatives de fermeture visant près de 381 médias selon les chiffres officiels.


Impact économique global : Mamadou Ibra Kane pointe l'arrêt des chantiers du BTP, le blocage de la dette intérieure due aux entreprises et le ralentissement des négociations avec le FMI, traduisant selon lui des « tâtonnements et incompétences ».


La tentation du Parti-État : Le patron de presse accuse l'ancien Premier ministre d'avoir voulu imposer une hégémonie politique en faisant taire toute voix critique ou dissidente.


« Asphyxier économiquement et fiscalement la presse privée »


S'attardant sur la situation spécifique du secteur des médias, le président du CDEPS décrit une stratégie délibérée de dénigrement et de fragilisation financière :


« Pour le nouveau régime et son gouvernement [...] il fallait neutraliser la presse privée, dépeinte comme le suppôt de l'ancien régime, une mafia qui bénéficiait d'avantages indus, un regroupement de bandits fiscaux. Il fallait donc asphyxier économiquement et fiscalement la presse privée, la discréditer aux yeux de l'opinion... »


Il salue au passage le rôle de la Cour suprême et du Conseil constitutionnel, dont les récents arrêts (annulation des arrêtés sur l'autorisation préalable de créer un média, rejet de la loi CNRM) ont permis, selon lui, d'endiguer les dérives autoritaires et de préserver l'État de droit.


Un secteur des médias exsangue et au bord de la banqueroute


Rappelant le rôle historique de la presse privée dans la consolidation démocratique et la stabilité du Sénégal, Mamadou Ibra Kane tire la sonnette d'alarme sur les conséquences sociales dramatiques subies par les acteurs du secteur :


Crise financière aiguë : Des entreprises de presse au bord de la faillite et privées de leurs meilleurs cadres.


Precarité des travailleurs : Arriérés de salaires dépassant un an en moyenne, licenciements économiques, gel des embauches, perte des couvertures maladie et retards de cotisations de retraite.


Une prise de parole au ton particulièrement vif qui illustre la fracture persistante entre les faîtières de la presse privée et les autorités de la transition politique.

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Publié par

Harouna Fall

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