Macky Sall en passe de se lancer dans la course à l’OIF

mercredi 21 octobre 2026 • 472 lectures • 1 commentaires

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 Macky Sall en passe de se lancer dans la course à l’OIF

iGFM - (Dakar) Après s’être retiré de l’élection au secrétariat général de l’ONU, l’ancien président sénégalais pourrait officialiser dans les prochains jours sa candidature à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie, dont l’élection se tiendra lors du sommet de la minovembre à Phnom Penh.

S’il dispose déjà de plusieurs soutiens, son entrée tardive se heurte néanmoins aux règles de sélection de l’organisation.  Macky Sall en passe de se lancer dans la course à l’OIF Macky Sall sera-t-il le prochain secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) ? Encore très hypothétique, cette perspective pourrait prendre corps dans les prochains jours.


Selon les informations d’Africa Intelligence, l’ancien président sénégalais, qui a officialisé le 17 octobre son retrait de la course à la succession d’António Guterres à la tête de l’ONU, mène depuis plusieurs semaines de discrètes négociations avec plusieurs capitales.


Cette candidature de la dernière minute pourrait être annoncée de manière imminente alors que le sommet de l’organisation qui doit désigner son futur secrétaire est prévu à Phnom Penh du 14 au 15 novembre. Elle interviendrait alors que le processus de désignation se heurte aujourd’hui à des obstacles et blocages inédits dans l’histoire de l’organisation.


La perspective d’un troisième mandat de la Rwandaise Louise Mushikiwabo suscite en effet de vives tensions, notamment avec Kinshasa. Les autorités congolaises ont menacé de retirer la RDC, premier pays francophone au monde par sa population, de l’organisation si la secrétaire générale était reconduite. Leur candidate, Juliana Amato Lumumba, fait toutefois l’objet d’appréciations sévères de la part de plusieurs États membres quant à sa capacité à diriger l’institution.


Le candidat roumain Dacian Ciolos, un temps présenté comme susceptible de rallier les différentes parties, fait face, de son côté, aux réticences de plusieurs États africains, qui privilégient un profil issu du continent pour succéder à Louise Mushikiwabo.


Dans ce contexte, Macky Sall pourrait incarner une candidature de compromis. Il dispose déjà du soutien du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, qui l’avait officiellement appuyé dans sa campagne pour le secrétariat général de l’ONU.


Le chef de l’État sénégalais n’est pas seul : son homologue ivoirien Alassane Ouattara, qui s’est étroitement rapproché de Macky Sall depuis que celui-ci a quitté le pouvoir, se range lui aussi derrière sa candidature, alors que l’ancien président sénégalais se rend très régulièrement à Abidjan.


Côté français, où se joue une part décisive de l’élection, cette candidature pourrait également être accueillie favorablement.


La configuration actuelle place en effet Paris dans une position inconfortable. Si Emmanuel Macron cherche à préserver ses bonnes relations avec Paul Kagame, la menace de Félix Tshisekedi de quitter l’organisation en cas de réélection de la secrétaire générale complique les arbitrages français, tandis qu’un éventuel soutien à la candidate congolaise a déjà été écarté. Macky Sall pourrait désormais représenter une option plus consensuelle que celle du candidat roumain.


Macky Sall en passe de se lancer dans la course à l’OIF De nécessaires dérogations Le chef de l’État français a, de longue date, encouragé l’ancien président sénégalais à poursuivre sa carrière au sein des organisations internationales. Cette perspective avait même constitué l’un de ses principaux arguments pour le convaincre, dès 2023, de ne pas briguer un troisième mandat.


Le président français a depuis donné des gages : alors que les chances de Macky Sall d’accéder au secrétariat général de l’ONU étaient jugées très faibles à l’Élysée, la France a voté en sa faveur lors de la quasi-totalité des straw polls, ces scrutins indicatifs secrets organisés au Conseil de sécurité, comme l’a détaillé Africa Intelligence ( AI du 21/08/2026).


Une candidature de Macky Sall ne se ferait toutefois pas sans obstacles alors que le processus de sélection est officiellement fermé. Le règlement adopté par l’OIF en 2022 encadre le processus de sélection et prévoit une date limite de dépôt des candidatures qui ne peut être fixée moins de six mois avant le sommet électif. Or, celui de Phnom Penh se tiendra les 14 et 15 novembre, dans moins d’un mois.


Autre difficulté : ce même règlement prévoit que les candidats au poste de secrétaire général présentent leur vision stratégique de la francophonie au plus tard trois mois avant le sommet. Les auditions ont d’ailleurs déjà eu lieu. Ces dispositions pourraient donc entraver le projet de Macky Sall. Leur éventuel contournement supposerait des dérogations, notamment en cas de blocage et d’absence de consensus autour des candidatures déjà déposées.


Macky Sall ne serait pas le premier ancien président sénégalais à briguer cette fonction : Abdou Diouf avait été élu à la tête de l’organisation en 2002, avant d’exercer trois mandats, de 2003 à 2014. Lors d’entretiens en août avec Alassane Ouattara, mais également avec le Togolais Faure Gnassingbé, Macky Sall avait par ailleurs confié son souhait de revenir dans l’arène politique sénégalaise, une perspective dont l’éloignerait une candidature à l’OIF.


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Publié par

Harouna Fall

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