Moussa Bocar Thiam dénonce des "traitements inhumains" infligés à Farba Ngom et à l'épouse de Madiambal

lundi 24 novembre 2025 • 1763 lectures • 5 commentaires

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Le ton se durcit encore dans le bras de fer opposant Me Moussa Bocar Thiam au magistrat Idrissa Diarra. Après avoir essuyé une mise au point ferme de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS), l’ancien ministre ne recule pas. Au contraire, il annonce une nouvelle offensive judiciaire, avec la volonté de porter l’affaire devant la Chambre disciplinaire du Conseil supérieur de la magistrature et la Cour des droits de l’homme de la CEDEAO. 

Tout est parti d’une première plainte déposée auprès de l’Inspection générale de l’administration de la justice (IGAJ). Me Thiam y mettait en cause le président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier, l’accusant d’avoir refusé une mise en liberté dans le dossier de Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom, malgré des rapports médicaux signalant une incompatibilité avec la détention. 
L’avocat évoquait alors une série de manquements graves : atteinte à la liberté, mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en danger, inertie volontaire dans la procédure et comportement contraire à l’éthique judiciaire. 


Face à ces accusations, l’UMS était sortie de sa réserve le 21 novembre. Dans son communiqué, l’organisation a défendu le magistrat Idrissa Diarra et dénoncé une initiative menée « sans concertation », en soulignant que ni Farba Ngom ni son collectif d’avocats n’avaient été associés à cette démarche. L’Union a également mis en cause la méthode de Me Thiam, qu’elle juge contraire aux règles professionnelles et motivée par un « dessein inavoué ». 


Loin d’apaiser la controverse, cette réaction a ravivé la colère de l’avocat. Me Moussa Bocar Thiam accuse désormais le magistrat de s’être rendu coupable de « traitements inhumains et dégradants », estimant que le maintien en détention d’un détenu « en état d’agonie » constitue une faute éthique grave. Il cite également le cas de l’épouse du journaliste Madiambal Diagne, selon lui « en fauteuil roulant et à l’article de la mort », qui resterait incarcérée sous l’autorité du même magistrat. 


L’avocat reproche en outre à l’UMS d’être restée muette face aux propos virulents tenus par Ousmane Sonko, accusant certains juges de compromettre le travail du Pool judiciaire financier lors d’un rassemblement en novembre 2025. Un silence qu’il juge révélateur et partial. 
S’estimant légitime dans sa démarche, Me Thiam affirme qu’il n’appartient pas à l’UMS de statuer sur l’opportunité de sa plainte, rappelant qu’il n’a été « ni contacté ni consulté » avant la publication du communiqué syndical. 


Désormais, l’ancien ministre dit avoir informé le Bâtonnier et s’apprête à porter le dossier sur deux scènes : la juridiction disciplinaire nationale et la justice communautaire ouest-africaine. Objectif affiché : dénoncer ce qu’il qualifie de violations graves des droits de personnes présumées innocentes. 
Une escalade judiciaire qui pourrait ouvrir un débat sensible sur la responsabilité et la déontologie dans l’appareil judiciaire sénégalais. 

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Publié par

Birame Ndour

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