Quel profil pour diriger la Caisse des dépôts et consignations ?

jeudi 17 septembre 2026 • 320 lectures • 0 commentaires

Actualité 15 heures Taille

Quel profil pour diriger la Caisse des dépôts et consignations ?

iGFM - (Dakar) À la lecture du limogeage de Fadilou Keita et de son remplacement provisoire par le Secrétaire général, une question surgit : quel profil pour diriger la Caisse des dépôts et consignations ?

La question est aujourd’hui sur toutes les lèvres, alors que les noms circulent et que se dessinent les différents profils susceptibles de prendre les rênes de cette institution stratégique. Mais au-delà des personnes, la vraie question est peut-être ailleurs : de quel dirigeant la CDC a-t-elle besoin aujourd’hui ?


Le premier critère est évidemment celui de la compétence. Diriger la CDC exige de maîtriser ses missions, ses mécanismes, ses dossiers et ses enjeux, mais aussi de disposer d’une véritable capacité de décision et de management. À cela doivent s’ajouter l’expérience, la connaissance du terrain et la probité. Une institution de cette importance ne peut se permettre un dirigeant qui aurait besoin de longs mois pour comprendre son environnement avant de pouvoir agir.


Le facteur temps est donc essentiel. Avec environ 900 jours devant elle avant les prochaines élections présidentielles, la prochaine direction générale devra être immédiatement opérationnelle. Elle devra comprendre rapidement, décider rapidement et produire rapidement des résultats. Dans cette perspective, la connaissance approfondie de la maison constitue un avantage réel. À niveau de compétence et d’expérience comparable, celui ou celle qui connaît déjà les équipes, les procédures, les dossiers, les contraintes et les mécanismes de la CDC dispose nécessairement d’un temps d’avance. Cela ne signifie pas qu’un profil extérieur ne puisse être le meilleur choix. Mais lorsque les profils sont comparables, la connaissance de l’institution et la capacité à prendre immédiatement ses responsabilités devraient naturellement compter.


Dans un contexte aussi très politique, le Président de la République veillera certainement à avoir une personne de confiance et qui lui est loyale. La CDC est une institution stratégique, placée au croisement d’enjeux financiers, économiques et politiques importants. Le chef de l’État doit donc pouvoir compter sur une personne capable de travailler dans la cohérence de ses orientations, de préserver la confidentialité nécessaire et de défendre les intérêts de l’institution. Et dans ce cas de figure, la loyauté ne sera point le substitut de la compétence ; elle serait le complément.


Reste la question de la proximité politique, idéologique ou familiale. Là encore, il convient de sortir des réflexes simplistes. La proximité ne doit être ni un passeport ni un couperet. L’histoire offre quelques exemples éclairants. En 1961, John F. Kennedy nomma son frère Robert F. Kennedy Attorney General des États-Unis. Le lien familial était évident, mais Robert Kennedy avait également construit un parcours professionnel et politique qui lui était propre. En Inde, Rajiv Gandhi a lui aussi accédé aux plus hautes responsabilités dans le sillage d’Indira Gandhi, sa mère, tout en ayant un parcours personnel avant son accession au pouvoir. Ces exemples ne justifient évidemment pas le favoritisme. Ils montrent simplement qu’un lien familial ou idéologique ne permet pas, à lui seul, de mesurer la valeur d’une personne.


La bonne question n’est donc ni « de qui est-il proche ? », ni « de qui est-il le parent ? ». La bonne question est : quelles sont ses qualités, que sait-elle faire et que peut-elle apporter à la CDC ? C’est sur cette base que devraient être appréciés tous les profils : leur compétence, leur expérience, leur connaissance de l’institution, leur probité, leur capacité d’action et, dans le contexte politique actuel, leur loyauté.


Au fond, le prochain dirigeant de la CDC devra réunir des qualités qui ne sont pas négociables : compétence, expérience, connaissance du terrain, probité, loyauté et capacité d’action. Et surtout, dans le temps qui reste, il devra être capable de transformer rapidement ces qualités en résultats.


La CDC n’aura pas besoin d’un long temps d’adaptation. Elle a besoin de quelqu’un, homme ou femme, qui puisse aller très vite, avec compétence, loyauté et probité.

Cet article a été ouvert 320 fois.

Publié par

Harouna Fall

editor

Soyez le premier à commenter

Je m'appelle

Téléchargez notre application sur iOS et Android

Contactez-nous !

Service commercial