Relations entre le Pr Diomaye et son Pm Ousmane Sonko : Quand l’analyse politique devient partisane au Sénégal

lundi 30 mars 2026 • 265 lectures • 0 commentaires

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Relations entre le Pr Diomaye et son Pm Ousmane Sonko : Quand l’analyse politique devient partisane au Sénégal

(Par Ahmadou Meissa Faye, Moncap) Depuis quelque temps, un récit s’impose dans le débat public, presque comme une évidence : le Président Bassirou Diomaye Faye serait devenu un obstacle, tandis que son Premier ministre, Ousmane Sonko, incarnerait seul la fidélité au projet politique. Mais qui d’entre nous connaît réellement la nature de leurs divergences ?

Que vaudront nos jugements et notre image si, demain, les faits venaient à nous donner tort ? Ne devrions-nous pas, dès lors, faire preuve de retenue, de responsabilité et de lucidité ?


Il est important de rappeler certaines vérités historiques, souvent simplifiées à l’extrême. On souligne souvent que Sonko a désigné Diomaye par loyauté. C’est vrai. Mais on oublie de préciser que Bassirou Diomaye Faye avait lui aussi contribué à la désignation d’Ousmane Sonko en tant que secrétaire général lors de la création du parti en 2014. L’histoire politique ne doit pas être réécrite au gré des intérêts du moment ou des émotions du présent. Rendons simplement à chacun ce qui lui revient lorsque l’occasion se présente. Car, dans cette histoire, la loyauté n’a jamais été à sens unique.


Au début de son mandat, le Président Bassirou Diomaye Faye avait adopté une posture d’ouverture et d’équilibre institutionnel, traduisant une réelle hauteur de vue. Dans cette dynamique, il a fait le choix de laisser au Premier ministre une large visibilité et une marge d’action significative dans la conduite de l’action gouvernementale. Ce positionnement reflétait à la fois une confiance assumée et une volonté sincère de gouverner ensemble, dans un esprit de complémentarité.


Les premiers signes de tension sont apparus progressivement dans l’espace public, comme des fissures à peine perceptibles, à la suite de la nomination de M. Samba Ndiaye. Alors même que cette décision relevait exclusivement des prérogatives du Président de la République, elle n’avait manifestement pas fait l’unanimité auprès de certains cadres du parti PASTEF, comme en témoignaient plusieurs prises de position publiques, parfois critiques. Ce climat soulevait dès lors une interrogation : pourquoi de telles attitudes n’avaient-elles suscité aucune réaction de la part des défenseurs autoproclamés de la vérité et de la loyauté ?


Certains ont applaudi et d’autres ont préféré se taire lorsque le Premier ministre a affirmé publiquement que le Président « manque d’autorité », devant des caméras et face à l’opinion nationale et internationale. De tels propos ne sauraient être réduits à une simple divergence politique, car ils touchent au respect des institutions et des fonctions. Dans une démocratie comme le Sénégal, une telle situation aurait appelé des réactions claires et responsables, de la part de l’opposition comme du pouvoir, ainsi que de la société civile, des journalistes et des militants.


Cet épisode, que certains ont volontairement passé sous silence, illustre aujourd’hui un phénomène inquiétant dans le débat public sénégalais : celui d’une lecture sélective des faits. Une partie des chroniqueurs, activistes, journalistes et militants minimise ou ignore les actes et les positions du Président de la République. En revanche, ils cautionnent et justifient quasiment toutes les sorties du Premier ministre, Ousmane Sonko. Ce déséquilibre fragilise la qualité du débat démocratique sur les choix politiques.


Prenons un exemple concret : le dénouement récent du dossier de Ndingler. À la grande surprise de beaucoup, ce sujet n’a pratiquement pas fait l’objet d’analyses ou de débats politiques approfondis, que ce soit sur certains plateaux digitaux d’allégeance ou au sein des proches de la mouvance Pastef. Pourtant, le jour où le Président Bassirou Diomaye Faye a décoré M. Babacar Ngom au Palais de la République, une vague de critiques s’est immédiatement abattue sur lui. Où est la cohérence et la bonne foi ? Pourquoi ne pas reconnaître, derrière cet acte, le leadership du Président ainsi que le patriotisme de M. Babacar Ngom ?


Il convient de reconnaître, avec objectivité et sans passion inutile, au même titre que le Président de la République, que le Premier ministre Ousmane Sonko, secrétaire général du parti PASTEF, joue un rôle central et déterminant dans la conduite de l’action gouvernementale. Par son engagement, il impulse une dynamique forte en faveur du redressement économique du pays, du renforcement de la transparence dans la gestion des deniers publics, de l’affirmation de la souveraineté nationale ainsi que de la refondation des politiques publiques. Il porte également, avec responsabilité, une part essentielle de la mise en œuvre du projet politique et des promesses électorales qui fondent l’espoir du peuple.


Toutefois, dans un État, l’efficacité ne repose pas uniquement sur l’action individuelle, aussi déterminante soit-elle, mais sur l’harmonie institutionnelle, la cohérence de l’action publique et la contribution responsable de toutes les forces politiques.


Lors de l’assemblée générale de la coalition Diomaye Président, le chef de l’État a tenu un discours d’apaisement et d’unité. Il a rappelé une vérité simple mais essentielle : l’histoire politique ne peut pas être effacée et il appartient toujours à la famille politique de Pastef. Mieux encore, a-t-il souligné, toutes les composantes de cette coalition méritent le respect et sont composées, tout autant que Pastef, d’hommes et de femmes de valeur.


Même s’il demeure légitime d’en vouloir au Président de s’être entouré de certaines figures de l’ancien système, Pastef doit accepter que gouverner un État n’est pas la même chose que diriger un parti ou mener un combat politique. L’exercice du pouvoir impose des choix parfois complexes, souvent imparfaits, mais toujours encadrés par des impératifs de stabilité.


N’oublions pas non plus que le Président Bassirou Diomaye Faye a lui-même encouragé publiquement son Premier ministre à convoiter son fauteuil présidentiel en vue de lui succéder le moment venu, mais dans la forme et dans le respect du temps institutionnel.


Ce malaise au sommet aurait pu être évité, ou du moins atténué, si certains acteurs, internes ou externes au projet, n’avaient pas envahi les plateaux de télévision, l’hémicycle et les réseaux sociaux pour amplifier cette brouille sans retenue, souvent par excès d’appartenance, par réflexe militant ou par inconditionnalité aveugle.


La vérité est simple : le Sénégal n’a rien à gagner dans une guerre de leadership au sommet de l’État. Au contraire, il y perd en stabilité, en crédibilité et en efficacité. Lorsque des frères ont des divergences, les sages doivent encourager le dialogue apaisé, avec un langage de vérité et de responsabilité, et refuser de prêter l’oreille aux semeurs de discorde.


Ni le Président ni le Premier ministre ne doivent être au-dessus de la critique, pourvu qu’elle soit objective. Le Président ne doit pas tourner le dos à sa famille politique ; il doit gouverner en s’appuyant sur son socle, tout en restant ouvert aux autres forces vives de la Nation. Le Premier ministre, les ministres, les députés, les directeurs généraux et les militants doivent, quant à eux, accepter que le Président reste le chef suprême de la Nation, en incarnant l’État avec responsabilité, hauteur et dans le strict respect des institutions.


Le peuple a légitimement élu le Président Bassirou Diomaye Faye à la tête du Sénégal. Aujourd’hui, plus que jamais, le pays a besoin d’unité, notamment entre le Président et son Premier ministre. Mais cette dynamique ne saurait aboutir sans l’engagement de tous. Le peuple doit également se mettre au travail. Car, au-delà des débats et des positions, c’est le progrès du pays qui doit rester la priorité absolue.


Dans l’intérêt supérieur de la Nation, prions pour la réussite du duo et soutenons son action avec responsabilité et vigilance, afin que les promesses électorales, notamment en matière de souveraineté, d’employabilité et d’autosuffisance financière et alimentaire, soient rapidement concrétisées au service du peuple.


Cette tribune se veut une contribution libre, responsable et constructive au débat public et à la réflexion politique. Les opinions exprimées relèvent de la seule responsabilité de son auteur et n’engagent en rien le parti PASTEF ni la coalition Diomaye Président.


À Monsieur le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, garant des institutions de la République et de l’unité nationale,
À Monsieur le Premier ministre, Ousmane Sonko, président du parti PASTEF, acteur majeur de la dynamique de transformation,


Bonne réflexion.


Ahmadou Meissa FAYE
Membre du MONCAP
Sous-commission Cadre normatif de la Commission Numérique

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Publié par

Birame Ndour

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