« Rupture du mandat » : Maître Sylva dénonce l’éviction de Sonko et de PASTEF du gouvernement

lundi 1 juin 2026 • 766 lectures • 2 commentaires

Politique 12 heures Taille

« Rupture du mandat » : Maître Sylva dénonce l’éviction de Sonko et de PASTEF du gouvernement

iGFM - (Dakar) L’avocat Maître Sylva interpelle dans une tribune intitulée « La rupture d’un mandat ». Il analyse le limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature et la formation d’un nouveau gouvernement auquel PASTEF a annoncé ne pas participer.

Pour Maître Sylva, ces décisions « marquent bien plus qu’un simple remaniement ministériel. Elles consacrent une rupture politique majeure avec le projet qui a porté l’alternance de 2024 ». Il rappelle que le Président Bassirou Diomaye Faye « n’a pas été élu à l’issue d’une aventure politique personnelle » mais « porté au pouvoir par un mouvement, un parti, un leader et un programme ». Le slogan « Diomaye mooy Sonko » est présenté comme « le fondement même du contrat politique proposé aux Sénégalais ».


L’auteur souligne que les électeurs « ont voté pour une vision, un projet de rupture, une équipe et une majorité politique clairement identifiée ». Or, « quelques mois plus tard, cette même majorité se retrouve écartée de la conduite du gouvernement alors qu’elle dispose d’une domination écrasante à l’Assemblée nationale ».


Il reconnaît que « la Constitution donne au Président de la République le pouvoir de nommer le Premier ministre. Personne ne conteste cette prérogative ». Mais il déplace le débat : « la question n’est pas celle de la légalité. Elle est celle de la fidélité au mandat reçu du peuple ». 


Selon Maître Sylva, « une démocratie ne se résume pas à l’exercice mécanique des pouvoirs constitutionnels. Elle repose également sur le respect de la volonté populaire exprimée dans les urnes ». Il estime qu’« il existe inévitablement un problème de légitimité politique » lorsque le programme présenté est « abandonné ou profondément modifié sans consultation de ceux qui l’ont porté au pouvoir ».


Un pacte politique remis en cause ?  
La tribune pointe une « contradiction flagrante » : le Président gouverne « désormais sans le parti qui l’a fait élire, sans le leader qui a incarné le projet aux yeux de millions de Sénégalais et sans la majorité parlementaire qui détient pourtant l’essentiel du pouvoir législatif ».


Pour l’auteur, il ne s’agit pas d’un « simple désaccord entre responsables politiques » mais d’une « remise en cause du pacte politique de 2024 ». Il affirme que les Sénégalais « n’ont jamais été consultés pour valider une séparation de ce projet ni pour autoriser l’exclusion de la majorité politique de la conduite du gouvernement ».


Maître Sylva conclut sur une interrogation : « Un Président peut-il légalement gouverner contre la force politique qui l’a porté au pouvoir ? Sans doute. Peut-il prétendre rester fidèle au mandat populaire reçu en 2024 lorsqu’il s’éloigne du projet, des hommes et de la majorité qui ont rendu cette victoire possible ? C’est une autre question ». 


« Et c’est précisément sur cette question que l’Histoire jugera », écrit-il.


Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions au sein de la majorité présidentielle, après la publication du gouvernement Lô et le retrait annoncé de PASTEF de l’exécutif.

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Publié par

Mame Fama GUEYE

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