Sénégal : Vers une cohabitation ? selon Me Abdoulaye Tine

mardi 23 juin 2026 • 214 lectures • 2 commentaires

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Sénégal : Vers une cohabitation ? selon Me Abdoulaye Tine

iGFM - (Dakar) Invité sur les ondes de RFI, le ministre porte-parole de la présidence, Maître Abdoulaye Tine, s'est exprimé sur la perspective d'une cohabitation inédite entre l'exécutif et l'Assemblée nationale. Tout en temporisant, il rappelle que le dernier mot reviendra toujours au peuple souverain.

 C’est un scénario que les observateurs de la vie politique sénégalaise scrutent avec attention : l'émergence d'une cohabitation au sommet de l'État. Interrogé par Radio France Internationale (RFI) sur le risque d'une paralysie institutionnelle et d'une tension accrue entre le palais présidentiel et l'hémicycle, le ministre porte-parole de la présidence, Maître Abdoulaye Tine, a choisi de jouer la carte de la pédagogie constitutionnelle plutôt que celle de l'affrontement.


Un scénario hypothétique mais juridiquement encadré


Pour le porte-parole de la présidence, il convient d'abord de ne pas brûler les étapes. « Pour l'instant, on est loin de ce scénario », a-t-il tempéré d'emblée. Toutefois, face à la réalité des urnes et aux dynamiques politiques en cours, Maître Tine ne nie pas l'évidence : « C'est une possibilité juridique. »


La cohabitation, bien que rare dans l'histoire politique du pays, est en effet un mécanisme prévu et encadré par la Loi fondamentale. Elle impose au pouvoir exécutif de composer avec une majorité parlementaire d'un autre bord, redéfinissant ainsi l'équilibre des pouvoirs.


L'arbitrage du peuple comme boussole démocratique


Loin de dramatiser cette perspective, le ministre y voit l'expression même de la maturité des institutions. Selon lui, face à de telles configurations, aucune porte ne doit être fermée :


« Toutes les options doivent être sur la table parce que c'est le jeu normal de la démocratie que lorsque de pareilles circonstances se produisent, de s'en référer à l'arbitrage du peuple. En démocratie, seul le peuple est souverain. »


Cette déclaration forte résonne comme un rappel à l'ordre démocratique. En évoquant « l'arbitrage du peuple », Maître Abdoulaye Tine fait implicitement référence aux outils constitutionnels à la disposition de l'exécutif pour débloquer une crise institutionnelle, notamment le recours à de nouvelles élections ou à la dissolution, si la cohabitation tournait au blocage systématique.


Quel avenir pour les institutions ?


En replaçant le citoyen au centre du jeu politique, la présidence cherche à rassurer sur la stabilité du pays. Qu'elle se concrétise ou non, cette transition potentielle vers un régime de cohabitation obligera les acteurs politiques à réinventer l'art du compromis ou, à défaut, à s'en remettre une nouvelle fois à la sanction des urnes. Une chose est sûre : le cadre légal sénégalais est prêt à absorber ce choc démocratique.

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Publié par

Harouna Fall

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