Sommet Union africaine : «Aucune tolérance pour les changements de pouvoir anticonstitutionnels»

lundi 16 février 2026 • 277 lectures • 0 commentaires

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Sommet Union africaine : «Aucune tolérance pour les changements de pouvoir anticonstitutionnels»

iGFM (Dakar) Le 39ᵉ sommet de l’Union africaine est à présent terminé. Pendant deux jours, les chefs d’État et de gouvernement de l’organisation panafricaine ont discuté des principales crises qui touchent le continent.

Le président burundais, Évariste Ndayishimiye, qui a pris, à l’occasion de ce sommet, la présidence tournante de l'UA, et le président de la Commission, le Djiboutien Mahmoud Ali Youssouf, en ont présenté, ce dimanche 15 février, les principales conclusions lors d’une conférence de presse finale.


L’Union africaine n’aura « aucune tolérance pour les changements de pouvoir anticonstitutionnels », a déclaré le président de la Commission, Mahmoud Ali Youssouf, alors que les généraux guinéen Mamadi Doumbouya et gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema ont participé à ce sommet et que des processus de transition sont en cours en Guinée-Bissau et à Madagascar, suivis par des « envoyés spéciaux » de l’UA.


Sur les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES)  – Mali, Niger et Burkina – l’Union africaine entend maintenir le dialogue avec les régimes militaires putschistes en place, indique notre envoyé spécial à Addis-Abeba, David Baché. Pour le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, « la prolifération des groupes terroristes » au Sahel est en effet « le plus gros problème ».


Nouveau président de l’Union africaine, le Burundais Évariste Ndayishimiye était déjà depuis juillet 2025 l’« envoyé spécial » de l’UA pour le Sahel. Sans réintégrer les régimes de l’AES au sein de l’Union, il souhaite contribuer à leur combat contre les groupes jihadistes. « Il faut créer des solidarités entre les États de la région pour combattre ensemble. C'est ce que l'UA est en train de faire pour les aider. Les dirigeants de ces États aussi ont besoin d'être approchés pour chercher le retour rapide à l'ordre constitutionnel et aussi les aider à stabiliser leurs États. L'Union africaine a maintenu la communication avec les États du Sahel pour chercher ensemble des solutions. »


La création d’une « plateforme commune » de dix-huit pays sur les questions de sécurité a ainsi été annoncée pour « les prochaines semaines » sans davantage de précisions. Les chefs d’état-major de la Cédéao, « pilier » de l’Union africaine, que les États de l’AES ont quittée avec fracas, ont prévu de se réunir à Freetown, au Sierra Leone, du 24 au 27 février pour déterminer leur participation à la force en attente de l’organisation régionale, dans le cadre de la lutte antiterroriste. 


« Faire taire les armes »


L’Union africaine se dit également « déterminée à faire taire les armes ». Tous les conflits qui ensanglantent le continent n’ont pas été évoqués. Pas un mot sur le Soudan, notamment venant de la présidence tournante de l'UA ou du président de la Commission. Pour sa part, le chef du département des Affaires politiques, Paix et Sécurité de l’UA, Adeoye Bankole, a abordé la question de la guerre au Soudan, rapporte notre correspondante à Addis-Abeba, Marlène Panara. « Je vous le répète : la constance est primordiale. Il faut assurer l’accès humanitaire, et une coordination mondiale des initiatives. Il faut aussi veiller à ce que les répercussions sur les zones frontalières n’affectent pas la stabilité des pays voisins du Soudan ».


"La Commission africaine des droits de l'homme et des peuples a mené à bien ses enquêtes sur les événements au Soudan et a formulé des recommandations très fermes, mais le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine n'a toujours pas pris connaissance de ces recommandations ni donné suite à celles-ci." (Laetitia Bader, Human Rights Watch): «Au Soudan, l'Union africaine a manqué l'occasion de condamner les atrocités horribles commises par les parties belligérantes» Marlène Panara.


Le diplomate a répondu aux critiques visant le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Elles pointent du doigt son impuissance face aux multiples conflits en cours sur le continent : « Des défis subsistent, j'en conviens, mais le Conseil n'élude en aucun cas ses responsabilités. Il est actif, agile, et ses membres mènent des missions de terrain dans pratiquement tous les pays confrontés à des problèmes d'instabilité, y compris au Soudan en octobre 2024 ».


Interrogés sur la guerre à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le nouveau président de l’UA Évariste Ndayishimiye a rappelé l’importance d’une application des accords de paix de Washington, et le président de la Commission Mahmoud Ali Youssouf a estimé que l’Union africaine était « dans la posture » de « piloter » la médiation, sans la laisser aux partenaires extérieurs.


Le diplomate Adeoye Bankole a fait le point, pour sa part, sur les applications concrètes des négociations : « En marge du sommet, nous avons dialogué avec tous les acteurs du conflit, notamment le panel de facilitateurs, composé de cinq anciens présidents. Au total, huit accords ont été signés. Nous avons aussi rappelé l'AFC et le M23, et tous les belligérants, à mettre fin au conflit ».


Les dirigeants de l’Union africaine ont enfin reconnu la colonisation comme « crime contre l’humanité » et réaffirmé leur solidarité avec le peuple palestinien.


À l’issue du sommet de l’Union africaine, le président ghanéen, John Dramani Mahama, a annoncé que, à la suite des travaux engagés par l’Union africaine, son pays déposerait en mars 2026, une résolution à l’Assemblée générale des Nations unies pour désigner la traite des esclaves africains comme « le plus grave crime contre l’humanité ».


RFI
 
 
 



 

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Publié par

Mamadou Salif

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