Souveraineté et relance économique : La CNES appelle à l’apaisement institutionnel pour réussir les réformes ! 

lundi 21 septembre 2026 • 140 lectures • 0 commentaires

Actualité 2 heures Taille

Souveraineté et relance économique : La CNES appelle à l’apaisement institutionnel pour réussir les réformes ! 

iGFM - (Dakar) La récente rencontre d’échanges initiée par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo avec le secteur privé national marque un signal fort et augure d’une nouvelle ère dans les relations public-privé.

En tant que Président de la Confédération Nationale des Employeurs du Sénégal (CNES), je salue cette démarche articulée autour des six piliers majeurs dégagés par le chef du gouvernement : le cadre de concertation gouvernement/secteur privé, la dette intérieure, l’environnement des affaires, l’attractivité des territoires, le déploiement de l’Agenda Vision Sénégal 2050, et l’implication du secteur privé dans les projets catalytiques. 


La CNES exprime son entière disponibilité à accompagner la concrétisation de cette vision stratégique. Toutefois, pour être pleinement productif, ce dialogue exige une franchise absolue sur les maux qui entravent notre tissu économique. L'adhésion du patronat ne saurait être une simple démarche formelle : elle est conditionnée par la levée immédiate des goulots  qui bloquent le développement de nos entreprises. 


Garantir la paix, la stabilité et l'apaisement entre l'Exécutif et le Législatif


L'économie ne peut prospérer que dans un climat de paix, de stabilité et de prévisibilité. C’est pourquoi la CNES insiste sur la nécessité absolue d'un apaisement durable dans les relations entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Tout blocage institutionnel autour des réformes cruciales fragiliserait l’ensemble de notre secteur privé. Les acteurs économiques ont besoin d'une cohésion politique forte pour garantir la mise en œuvre sereine des plans de traitement de la dette. La matérialisation rapide de la Loi de finances rectificative (LFR) et la consolidation de l’accord technique sur le programme avec le Fonds monétaire international (FMI) sont des priorités nationales qui ne doivent souffrir d'aucune inertie politique. 


Apurer la dette intérieure : la clé de voûte de la relance


La relance de l'économie sénégalaise est intrinsèquement liée à l'apurement total et diligent de la dette intérieure. Les créances impayées accumulées par l'État pèsent lourdement sur la trésorerie des sociétés locales et paralysent l'investissement. Si nous saluons les engagements du gouvernement, la CNES rappelle que le règlement rapide de cette dette est un impératif de survie pour injecter des liquidités et restaurer la confiance des marchés. 


Lever d’urgence les blocages au Port Autonome de Dakar 


Il est illusoire d’évoquer l’attractivité des territoires ou l’amélioration du climat des affaires sans assainir d’urgence la situation au Port Autonome de Dakar. La CNES dénonce fermement les dérives actuelles, caractérisées par des facturations arbitraires et des pratiques de concurrence déloyale qui pénalisent lourdement les opérateurs respectueux des règles. Poumon financier et logistique de notre pays, le port ne peut plus demeurer une zone d’incertitude et d’injustice commerciale. 


Par ailleurs, nous constatons avec regret que l'accès aux documents de travail stratégiques demeure particulièrement complexe pour les acteurs privés. Une transparence rigoureuse dans la communication de l'État et de ses démembrements administratifs est un prérequis non négociable pour restaurer une confiance mutuelle durable. 


Clarifier le patriotisme économique et sécuriser l'entreprise nationale 


Le gouvernement prône, à juste titre, la promulgation d'une loi sur le patriotisme économique. La CNES y adhère pleinement, mais pose une condition fondamentale : ce texte doit  définir clairement le statut juridique de l'entreprise nationale afin de mieux   la valoriser et la fortifier, en vue de promouvoir un développement économique plus endogène. 


Cette clarification doit s’accompagner d'une application intégrale du contenu local à l'ensemble des secteurs stratégiques. C'est la condition sine qua non d'une participation massive et effective du secteur privé aux projets majeurs de l'Agenda 2050. Sans champions nationaux consolidés, la souveraineté économique restera un vœu pieux. 


La commande publique échappe au secteur privé national 


 Corriger le déséquilibre en faveur de l’extérieur en inversant la tendance  au profit de l’entreprise nationale qui ne capte que 30% de celle-ci en valeur. A ce sujet, l’ARCOP devra jouer plus efficacement son véritable rôle de régulateur.


 


Former et financer : les piliers fondamentaux de notre compétitivité 


Enfin, pour que le secteur privé assume pleinement son rôle de moteur de la croissance, la CNES rappelle que deux priorités transversales doivent structurer nos échanges : La formation professionnelle, indispensable pour aligner les compétences sur les besoins réels du marché ; Le financement de l'économie, essentiel pour permettre à nos entreprises d'investir, d'innover et d'affronter la concurrence internationale.


Le patronat national répond présent à l'appel de l'État. Nous sommes prêts à co-construire le Sénégal de demain, sur la base d'un partenariat équitable, transparent et résolument axé sur la libération du potentiel productif national. 


Abdel Kader Ndiaye


Président de la Confédération Nationale des Employeurs du Sénégal (CNES)

Cet article a été ouvert 140 fois.

Publié par

Harouna Fall

editor

Soyez le premier à commenter

Je m'appelle

Téléchargez notre application sur iOS et Android

Contactez-nous !

Service commercial