Toucar, le combat d’une vie pour Farba Ngom

jeudi 21 mai 2026 • 247 lectures • 0 commentaires

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Toucar, le combat d’une vie pour Farba Ngom

iGFM - (Dakar) Ancien berger devenu entrepreneur, bâtisseur et acteur majeur du développement local, M. Farba Ngom, PDG de Radio Toucar FM, consacre depuis plusieurs décennies son énergie et ses moyens au rayonnement de son village natal, Toucar.

De son enfance difficile dans les pâturages du Sine jusqu’à la création d’une radio communautaire reconnue à travers le Sénégal, son parcours incarne la persévérance, le sacrifice et l’amour profond pour sa terre natale. Aujourd’hui encore, malgré une vie stable en France, il poursuit un seul objectif : faire de Toucar un village moderne qui ne manque de rien.


Dans le calme du village de Toucar, peu imaginaient qu’un jeune berger deviendrait un jour l’un des plus grands artisans du développement local de cette localité du Sine. Pourtant, derrière les réalisations sociales, sanitaires, éducatives et médiatiques qui portent aujourd’hui le nom de Toucar se cache le parcours exceptionnel d’un homme animé par une détermination rare : Farba Ngom. Bien avant d’être connu comme le PDG de Radio Toucar FM, Farba Ngom menait une vie modeste dans son village natal. Dès son plus jeune âge, il gardait les troupeaux tout en fréquentant l’école. Chaque journée était partagée entre les études et les activités pastorales. Une enfance difficile, marquée par les réalités rurales, mais qui lui forge très tôt un caractère courageux et discipliné. Malgré sa volonté d’étudier, les difficultés de la vie finissent par le pousser à prendre une décision importante. En 1970, il quitte Toucar pour rejoindre Dakar, plus précisément la ville de Rufisque, avec l’espoir de construire un avenir meilleur et d’aider sa famille. À son arrivée à Rufisque, sa grande sœur, Marie Ééne, le confie à une famille maure chez qui il effectue des travaux domestiques et du nettoyage.


Pour ce travail éprouvant, il perçoit un salaire de 1 000 francs CFA par mois. Quelques années plus tard, cette rémunération sera augmentée à 5 000 francs CFA. Malgré des conditions modestes, le jeune Farba Ngom accepte son destin avec dignité et apprend très tôt la valeur du travail. Mais son parcours ne s’arrête pas là. Son grand frère, qui travaillait dans une station-service, lui propose ensuite de le rejoindre. Farba Ngom commence alors à laver des voitures dans cette station. Ce travail, qu’il exerce avec sérieux et persévérance, lui permet progressivement d’apprendre à conduire tout en gagnant honnêtement sa vie. Année après année, il travaille sans relâche jusqu’à réussir un exploit qui force l’admiration : grâce à son simple métier de laveur de voitures, il parvient à acheter trois terrains à Rufisque. Une réussite qui témoigne déjà de son sens du sacrifice et de sa capacité à transformer les difficultés en opportunités. Cependant, une réflexion finit par bouleverser sa vision. En voyant que lui et son frère dépendaient entièrement de la station-service, Farba Ngom comprend qu’en cas de faillite de l’entreprise, leur avenir deviendrait incertain. Il décide alors de tenter une nouvelle aventure en France, où vivait déjà sa sœur. À cette époque, les voyages étaient plus accessibles et les visas n’étaient pas encore obligatoires comme aujourd’hui. Arrivé en France comme vacancier, Farba Ngom trouve rapidement du travail grâce, dit-il, « à la miséricorde du Tout-Puissant ». 


Avant même la fin de son séjour, il décide finalement de rester afin de construire une vie plus stable. Mais c’est loin de son pays natal qu’il prendra la décision qui changera toute sa vie. À plusieurs reprises, lorsqu’on lui demandait son origine, il répondait fièrement qu’il venait du Sénégal. Mais lorsque ses interlocuteurs lui demandaient plus précisément de quelle localité il venait et qu’il répondait « Toucar », beaucoup se moquaient de lui parce que ce village était inconnu. Cette situation le touche profondément. C’est alors qu’il se fait une promesse : « Tant que je serai dans ce monde, mon village sera connu. » Cette phrase deviendra le moteur de tous ses projets. Déterminé à faire connaître Toucar, Farba Ngom commence par organiser un grand spectacle « Ranolé » au cours duquel il invite de célèbres figures de la lutte sénégalaise comme Mouhamed Ndao Tyson ainsi que Yékini, qui dominait alors l’arène sénégalaise. À travers cet événement, il veut déjà inscrire le nom de Toucar dans l’espace médiatique national. Mais son projet le plus ambitieux verra le jour en septembre 2019 avec la création de Radio Toucar FM.


Cette radio communautaire devient rapidement une voix importante dans la localité. Avec pour mission d’informer, d’éduquer et de divertir, Toucar FM donne la parole à la jeunesse, valorise la culture locale et participe à la sensibilisation des populations. Aujourd’hui, la radio contribue fortement au rayonnement du village bien au-delà de la région de Fatick. Toutefois, Farba Ngom ne limite pas son engagement au domaine médiatique. Son ambition pour Toucar dépasse largement les studios de radio. Animé par une véritable vision de développement local, il multiplie les initiatives sociales au profit des populations. Il participe à la construction d’un poste de santé afin de rapprocher les soins des habitants. Par la suite, il entreprend des démarches pour équiper cette structure d’une ambulance destinée aux évacuations sanitaires.


Il contribue également à l’ouverture d’un service d’échographie afin d’améliorer l’accès aux soins dans la localité. Dans le domaine religieux et éducatif, Farba Ngom fait construire un Daara moderne destiné à l’apprentissage du Coran et à l’éducation des jeunes générations. Pour la pose de la première pierre, il invite le Khalife général des Mourides, Cheikh Mountakha Mbacké, venu effectuer des prières et bénédictions pour la réussite du projet. Parmi toutes ses réalisations, la boulangerie de Toucar reste l’une des plus symboliques. Derrière ce projet se cache un souvenir douloureux de son enfance de berger. À l’époque, lorsque les habitants revenaient du marché de Mbafaye, ils lançaient parfois des morceaux de pain aux enfants qui gardaient les troupeaux tout en criant : « Sarithia Mbaffaye ! ». En ce temps-là, le pain était rare dans le village et beaucoup d’enfants rêvaient simplement d’en manger. Ces souvenirs resteront gravés dans la mémoire de Farba Ngom et nourriront plus tard sa volonté de construire une boulangerie moderne afin que plus jamais Toucar ne manque de pain. Aujourd’hui, cette boulangerie représente bien plus qu’un simple commerce. Elle symbolise son désir profond d’améliorer les conditions de vie de sa communauté et de répondre aux besoins essentiels des habitants. 


Malgré sa stabilité de vie en France, Farba Ngom affirme que tous les investissements réalisés à Toucar n’ont jamais été motivés par un intérêt personnel. Son unique ambition est de voir son village se développer comme les grandes villes et offrir à sa population les infrastructures nécessaires à une vie digne. Et pour lui, le travail est loin d’être terminé. Même après toutes ces réalisations, Farba Ngom estime que ses projets pour Toucar restent nombreux. Convaincu que rien n’est impossible avec la volonté divine, il garde l’espoir de poursuivre encore longtemps son combat pour le développement de son village natal. Car au-delà des infrastructures, des bâtiments et des projets, Toucar représente pour lui une fierté, une identité et un héritage qu’il veut transmettre aux générations futures. 

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Publié par

Mame Fama GUEYE

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