Entretien avec Mamadou Diop, PDG de Marva Group : «Chaque jour passé avec mon épouse, est déjà...»
jeudi 2 avril 2026 • 394 lectures • 0 commentaires
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iGFM – (Dakar) À la tête de Marva Group, structure aux ambitions multiples qui s’impose peu à peu dans le paysage culturel et événementiel sénégalais, Mamadou Diop avance avec une méthode qui tranche avec les codes habituels de l’industrie.
«J’ai beaucoup lutté, beaucoup appris, souvent seul»
«Chaque jour passé avec mon épouse, est déjà un hommage»
«La chanson Arva était d’abord pour elle. Je voulais aussi interpeller l’opinion sur l’importance de valoriser et de respecter la femme»
Peu enclin à l’exposition, il préfère laisser parler les actes, qu’il s’agisse du succès fulgurant du titre Arva, de la direction technique du Grand Bal 2026 aux côtés de Youssou Ndour, ou encore du lancement des Journées L-Acoustics, son dernier projet d’envergure. Derrière cette trajectoire maîtrisée se dessine le parcours d’un entrepreneur forgé par l’effort, guidé par la foi et animé par une ambition constante : créer, structurer et faire émerger des opportunités. Rencontre avec un bâtisseur qui conjugue vision et retenue.
Qui est Mamadou Diop, au-delà du fondateur de Marva Group ?
Je suis administrateur général de société, avec un parcours que je qualifierais de complexe, mais surtout riche en expériences. Avant tout, je suis un créateur d’emplois, par passion, par formation et par vision. Depuis l’âge de 15 ans, j’ai très tôt compris que ma vie devait s’orienter vers l’entrepreneuriat et l’impact social. À mes débuts, j’étais concessionnaire automobile, poussé par une véritable passion pour les véhicules. Mais derrière cela, il y avait aussi une réalité plus dure, une jeunesse marquée par les difficultés et les sacrifices. J’ai beaucoup lutté, beaucoup appris, souvent seul.Parallèlement, j’ai toujours été engagé dans le social. Aider les autres n’est pas une posture pour moi, c’est une manière d’être, presque une mission personnelle que je porte depuis l’enfance. Sur le plan académique, je suis titulaire de diplômes de technicien en finance. J’ai ensuite intégré une société interne au Port, où j’ai travaillé pendant 11 ans. Ce fut une véritable école de rigueur et de responsabilité. Par la grâce de Dieu, partout où je suis passé, j’ai été amené à occuper des postes de responsabilité, chef comptable, responsable financier, directeur administratif et financier, puis auditeur. J’ai eu l’opportunité de gérer de grands comptes, notamment ceux des ICS au sein du Port. Mais au fond de moi, une idée ne me quittait jamais, entreprendre. Depuis mon plus jeune âge, je m’étais fixé un objectif clair : quitter le salariat après une dizaine d’années pour bâtir quelque chose qui m’appartienne. C’est ainsi que, trois ans après quatre dans le milieu professionnel, j’ai créé «Prestige Auto Industrie». Cette expérience a été déterminante dans mon parcours. En quelques années, j’ai réussi à développer une entreprise solide, qui a acceulli, tout le long, presque 90 à 100 employés. Nous avons collaboré avec de nombreuses structures et mené des projets d’envergure. En 2019, le contexte aidant, j’ai fait le choix de diversifier mes activités pour évoluer vers d’autres horizons.En effet, avec la crise de la Covid-19, j’ai su m’adapter en lançant une nouvelle entreprise spécialisée dans la construction, la voirie et l’immobilier. Là encore, l’objectif était clair : créer de la valeur et continuer à générer des opportunités d’emploi. Depuis maintenant trois ans, je porte une vision qui me tient particulièrement à cœur car combinanten quelque sorte cet esprit d’entreprenariat et une passion personnelle, Marva Group. C’est un projet que je nourrissais depuis longtemps, même si, pour beaucoup, il semble récent. En réalité, il est le fruit d’une longue réflexion et d’une maturation progressive.
«Aider les autres, n’est pas une posture pour moi, c’est une manière d’être»
Qu’est-ce que vous pouvez nous dire de plus sur vous ?
Je suis originaire de Diourbel, où j’ai obtenu mon baccalauréat. C’est une ville qui a profondément contribué à forger mon caractère et mes valeurs. Par la suite, je me suis rendu à Rufisque, auprès de mon homonyme, qui a joué un rôle déterminant dans mon éducation. Il m’a transmis des principes essentiels : la discipline, le respect, le sens de l’effort et la foi. Ces valeurs continuent aujourd’hui de guider mes choix personnels et professionnels. Il m’a surtout encouragé à croire en moi et en mes rêves. Et depuis, mon crédo c’est de croire en Dieu, faire les efforts nécessaires, puis tout remettreentre Ses mains. Et Cette foi m’accompagne dans chacune de mes décisions
Comment est né votre rapport avec la musique, alors que vous êtes financier de formation ?
C’est une initiative qui surprend souvent. Oui, je suis financier de formation certes, mais la musique aussi bien dans son expression artiste que technique a toujours été une passion profonde pour moi, presque instinctive. Mon parcours professionnel m’a d’abord conduit vers la concession automobile, puis vers l’immobilier, avec l’objectif de bâtir une stabilité financière. Mais en parallèle, la musique n’a jamais quitté mon univers. Enfant déjà, j’ai exploré différents horizons artistiques. J’ai toujours été un grand amateur de musique. Avec le temps, cette passion s’est transformée en une vision plus globale, tournée vers la production musicale.Certains trouvent cela surprenant, notamment en raison de mon attachement à la spiritualité et aux chants religieux. Mais pour moi, il n’y a pas de contradiction. La musique est un langage universel, une expression, une énergie. Tout est dans les valeurs qui la sous-tendent. D’où la devise de Marva Group « Nos valeurs en vedette ».
Quelles sont les étapes clés de votre parcours qui ont forgé votre vie ?
Pendant longtemps j’ai été guidé par une vision : réussir pour pouvoir aider les autres. Très jeune, j’ai compris que l’autonomie financière était un levier essentiel pour avoir un impact réel. Mon parcours n’a pas été facile. Mes débuts dans le domaine de la finance ont parfois été minés de doutes et même parsemés d’embuches pour un jeune professionnel qui se cherchait. Mais ces doutes ont été pour moi une source de motivation. Chez «Prestige Auto Industrie», où j’ai exercé en tant qu’Administrateur général, j’ai travaillé avec acharnement. Je ne me contentais pas d’un rôle administratif, j’allais aussi sur le terrain, je m’impliquais dans tous les aspects de l’activité. Je touchais à tout : gestion, mécanique, organisation… sans jamais me fixer de limites. J’ai appris à être polyvalent, à comprendre chaque maillon de la chaîne.J’ai souvent avancé seul, avec une seule certitude, le travail finit toujours par payer.
«La chanson Arva est peu de chose comparée à ce que mon épouse représente pour moi. C’est une femme du paradis. Je ne peux pas rester dix minutes sans avoir de ses nouvelles»
Comment est venue l’idée de créer Marva Group ?
L’idée de «Marva Group» n’est pas née du jour au lendemain. C’est un projet qui a mûri pendant des années. Avec mon épouse, nous avons longuement réfléchi à la manière d’apporter quelque chose de nouveau au secteur de la production musicale sénégalaise. Nous voulions aller au-delà des modèles existants, proposer une vision différente, plus ambitieuse. C’est dans cette dynamique qu’est né «Marva Group». Le nom Marva est une contraction de mon prénom, Mamadou, et de celui de mon épouse, Arva.
Pourquoi avoir choisi de créer un label dans un marché déjà structuré ?
Prenons l’exemple de l’être humain, Dieu a créé des milliards de personnes, et pourtant chacune a sa particularité. Nous sommes dans cette même dynamique. Il existe certes de nombreux labels sur le marché sénégalais, mais chacun peut apporter sa pierre à l’édifice. Personnellement, je ne parle pas de concurrence. Je vois plutôt les autres acteurs comme des partenaires avec lesquels nous pouvons évoluer ensemble.
Initialement, en créant Marva Group, quelle était votre ambition ?
Je voulais apporter quelque chose de plus dynamique, mieux maitrisé et surtout fédérateur autour de nos valeurs culturelles. Les Occidentaux sont très pragmatiques et rigoureux dans leur manière de structurer l’industrie musicale. Mon ambition était de m’inspirer de cette exigence, tout en y ajoutant ma propre identité et ma vision.
Le tube «Arva» a connu un énorme succès. Arva, c’est aussi le nom de votre épouse. Comment est née cette chanson ? Était-ce un hommage, une déclaration d’amour ? Quel message vouliez -vous transmettre ?
Il faut savoir que chaque jour passé aux côtés de ma femme est déjà un hommage (Rires). Cette chanson est finalement peu de chose comparée à ce qu’elle représente pour moi. Mon épouse est une personne très spéciale. Nous entretenons une relation saine, basée sur la complicité : elle est à la fois mon amie et ma confidente. Avec Arva, nous partageons tout. Je ne peux pas rester dix minutes sans avoir de ses nouvelles. C’est une épouse exceptionnelle, une femme du paradis. Chaque jour qui passe, je l’aime davantage. Nous sommes sifusionnels, qu’on a parfois l’impression de ne faire qu’un sur le plan émotionnel. Et la chanson est née à l’occasion d’un anniversaire surprise que je voulais lui offrir pour la remercier de tous moments de bonheur passés ensemble. Le succès de la chanson n’est pas vraiment surprenant, dans le sens où elle reflète ce qu’elle est. Plus qu’un simple morceau de musique, c’est une histoire vraie et sincère qui méritait d’être racontée comme une offrande au public. Mon épouse ignorait totalement l’organisation de cette surprise. Cela n’a pas été simple à cacher, tant nous sommes proches. J’ai dû faire preuve de discrétion pendant près de deux semaines pour mener ce projet à bien.
«Il existe plusieurs versions sur celui qui a écrit la chanson Arva. Comment peut-on écrire sur quelqu’un que l’on ne connait pas»
Qui a écrit cette chanson ?
J’ai toujours évité de rentrer dans les détails. Il existe plusieurs versions concernant l’écriture de ce morceau. Mais je me poseet vous pose une question simple : comment peut-on écrire sur une personne dont on ne connaît ni l’histoire, ni les origines, ni la famille ? Cela n’a pas vraiment de sens. C’est tout ce que je peux dire.
Comment passe-t-on d’une histoire intime à un morceau qui parle à des millions de personnes ?
Dans cette chanson, je voulais également et avant tout rendre hommage à la femme sénégalaise. C’était aussi une manière d’interpeller l’opinion sur l’importance de la reconnaissance dans la vie conjugale qui reste loin d’être évidente surtout pour les femmes, de montrer l’importance de prendre soin de la femme, de la valoriser et de la respecter. Une sorte de WAW COUMBA national.
Vous attendiez-vous à un tel succès ?
Honnêtement, non. Je ne m’y attendais pas. Mais je pense que la main de Dieu y est pour beaucoup. Il faut aussi dire que j’ai énormément travaillé sur ce projet. Je me suis investi à fond. Au moment de la sortie, j’étais en déplacement à l’étranger. J’ai validé le teaser alors que j’étais en compagnie d’un grand artiste. Nous avions déjà effectué des corrections dans ma voiture. Le titre devait sortir à 22 heures (heure de Dakar), mais jusqu’à 21h52, j’étais encore en train d’apporter des ajustements car je suis un peu perfectionniste. J’ai été impliqué dans tout le processus, dans chaque détail, avec l’artiste et toute l’équipe de production. Rien n’a été laissé au hasard. Une fois le tube en ligne, nous avons eu des retours extraordinaires. Les statistiques ont montré que le nombre de vues explosait les compteurs.
«Travailler avec Youssou Ndour, est une aubaine»
Vous avez travaillé avec Youssou Ndour pour le Grand Bal 2026. Comment cette collaboration est-elle née ?
C’est avant tout une aubaine de pouvoir travailler avec l’immense artiste qu’est Youssou Ndour. C’est le souhait de tous ceux qui évoluent dans ce secteur. C’était un honneur, une fierté pour moi, et mes équipes et moi, nous sommesdonnés à fond pour que le travail qui nous a été confié soit une réussite. Ma relation avec Youssou Ndour s’est tisséenaturellement. Nous avons eu à discuter du projet et de son exécution en toute intimité, et il m’a témoigné de sa confiance.Il m’a d’ailleurs dit qu’il me considérait comme son fils et qu’il était en phase avec mon travail. J’ai accepté de collaborer avec lui pour le Grand Bal et, entre-temps, d’autres projets s’y sont greffés, que j’ai acceptés avec plaisir.
Marva Group a assuré une direction technique globale (son, lumière, vidéo…). Quels défis cela impliquait-il ?
Il y avait un énorme défi à relever : réussir de bout en bout.J’avais demandé à Youssou Ndour de ne se soucier de rien. Le jour J, il devait simplement venir avec son micro, monter sur scène et assurer le spectacle. Nous avons relevé ce défi, et ce fut une très belle expérience. Nous sommes entourés de professionnels du secteur, et cela a porté ses fruits pour le bonheur de tous.
Marva Group ne se limite pas à la musique. Pourquoi avoir structuré autant de pôles ?
Effectivement, nous avons huit pôles, tous aussi importants les uns que les autres. Il y a notamment la Fondation Marva, qui a pour objectif d’œuvrer dans le social et de venir en aide aux couches vulnérables. C’est notre leitmotiv au quotidien, car nous sommes avant tout des croyants. Notre vie tourne autour de Dieu et de Ses recommandations. Il y a également Marva Consulting, qui englobe tout ce qui est stratégie créative pour les institutions et les marques. On retrouve aussi Marva Academy, Music, Studios, Events, Logistics et Commerce. On peut dire que Marva est une véritable industrie qui intervient dans plusieurs domaines.
Comment vous définiriez-vous avec toutes ces casquettes ?
C’est assez difficile à dire. Je suis à la fois entrepreneur, producteur et technicien. Toutes ces fonctions se retrouvent dans mon rôle d’administrateur de Marva Group. Ce qui est certain, c’est que je m’évertue à être utile à ma société et à donner le meilleur de moi-même.
«Les Journées L-Acoustics marquent une étape importantepour Marva Group et un tournant décisif pour le milieu du spectacle avec l’introduction d’un dispositif inédit en Afrique de l’Ouest»
Vous lancez les Journées L-Acoustics à Dakar. Pourquoi cet événement est-il si important pour vous ?
Nous sommes les représentants de L-Acoustics au niveau de l’Afrique, et ce sont les meilleurs dans leur domaine. Cet événement sera dédié à la formation, à l’innovation et à l’excellence dans les technologies de sonorisation. Il marque une étape importante pour Marva Group et un tournant décisif pour le milieu du spectacle avec l’introduction d’un dispositif inédit en Afrique de l’Ouest. Nous avons beaucoup investi dans ce projet, et nous insistons particulièrement sur la formation des jeunes, dans le but de créer des emplois. Marva group me positionne comme un « jeune champion de l’économie sénégalaise » qui se doit d’accompagner l’État. Cela se reflète dans toutes nos entreprises, au sein desquelles nous travaillons avec des profils de différentes nationalités.
«Nous sommes dans une logique d’excellence et nous comptons y rester»
Quelle sera la prochaine étape pour Marva Group ?
Le projet Arva est terminé, tout comme celui du Grand Bal. Je suis désormais passé à autre chose. Vous pouvez vous attendre à voir Marva Group évoluer dans de nouvelles dynamiques, tout aussi fortes que les précédentes. Nous sommes dans une logique d’excellence, et nous comptons y rester. C’est d’ailleurs le lieu pour moi de rendre un vibrant hommage à tous mes collaborateurs qui y ont cru et qui ont participé de près ou de loin à la success story de Marva Group. Je profite également de cette occasion pour remercier sincèrement tous les sénégalais de l’acceuil exceptionnel qu’ils ont réservé à notre première production musicale « ARVA » ainsi qu’à la série « Waw Coumba ». Je tiens d’ailleurs à leur adresser cemessage : actuellement, nous traversons des moments critiques à plusieurs niveaux. Au regard de ce qui se passe, j’en appelle à chacun d’entre nous pour que nous revenions à nos valeurs, que nous restions soudés et unis autour de l’essentiel. C’est fondamental...
MARIA DOMINICA T. DIEDHIOU
Publié par
Mame Fama GUEYE
editor
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