« Un étudiant, un ordinateur » : Les auditions déclenchent une vive controverse sur le direct télévisé

vendredi 9 octobre 2026 • 91 lectures • 2 commentaires

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« Un étudiant, un ordinateur » : Les auditions déclenchent une vive controverse sur le direct télévisé

iGFM - (Dakar) Alors que le scandale autour de la commande et des allocations du programme « Un étudiant, un ordinateur » continue de faire des vagues, la Commission d’enquête parlementaire avance dans ses travaux.

Selon les révélations publiées par le quotidien L’Observateur, l’audition simultanée de quatre hauts responsables et anciens cadres du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a mis en lumière un cloisonnement troublant des circuits administratifs, tout en soulevant un débat juridique inédit sur la retransmission en direct des auditions.


Un aménagement administratif dans l'ombre : Les révélations des cadres du MESRI
Devant les députés, les témoignages des responsables de la gestion financière et des marchés se sont révélés concordants quant à leur manque d’implication initiale dans le programme :


Passe-droit dans la passation des marchés : Mountaga Dia (ancien coordonnateur de la Cellule de passation des marchés) et Abou Kadri Diatta (président de la Commission de passation des marchés) ont tous deux affirmé n'avoir jamais été saisis ni associés au montage d'origine du projet. M. Diatta a expressément précisé que ce dispositif ne figurait même pas dans le plan officiel de passation des marchés publics du ministère.



Découverte tardive et audits internes : L'Inspecteur des Affaires administratives et financières, Cheikh Diop, nommé en 2026, a indiqué n'avoir pris connaissance du dossier que dans le cadre d'une mission d'enquête ordonnée par le ministre au sujet des allocations directes de 250 000 FCFA accordées aux étudiants (rapport transmis à la tutelle).



Cantonnement de la DAGE : En poste depuis septembre 2025, le Directeur de l'Administration générale et de l'Équipement (DAGE), Saliou Abdoulaye Ngom, a soutenu que sa direction n'était intervenue que sur le volet du versement des allocations financières de 250 000 FCFA, sans maîtrise du volet global de la commande.



La retransmission en direct des auditions : Une première qui divise juristes et parlementaires
Outre le fond du dossier, c'est la forme et la publicité de la procédure qui électrisent la scène politique et juridique :


La charge de Babacar Gaye (Inviolation du huis clos) : L'ancien député dénonce avec véhémence la diffusion en direct des travaux. S'appuyant sur le Règlement intérieur historique de l'Assemblée nationale, il soutient que les commissions d'enquête doivent obligatoirement se tenir à huis clos pour garantir le secret de l'instruction et respecter les libertés individuelles et secrets protégés par la loi.


La mise au point de Senghane Senghor (Sen Caddhu) : Le président de la Convergence africaine pour la démocratie et les droits humains rappelle de son côté que la révision du Règlement intérieur intervenue en 2025 autorise désormais la retransmission publique des travaux d'une commission d'enquête sur décision de son bureau. Tout en saluant cet effort de transparence financière, il concède toutefois que le déroulement actuel suscite de sérieuses réserves procédurales, estimant que « tout semble montrer qu’on a foulé aux pieds les procédures ».

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Publié par

Harouna Fall

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