Mise en garde du collectif pour la défense des intérêts du Bosséa

vendredi 2 octobre 2026 • 136 lectures • 0 commentaires

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Mise en garde du collectif pour la défense des intérêts du Bosséa

iGFM - (Dakar) Le 1er octobre 2026 marque, selon les informations dont dispose le Collectif, l’échéance du dernier permis de recherche relatif aux phosphates dans la zone d’Agnam. À cette occasion, le Collectif pour la Défense des Intérêts du Bosséa estime nécessaire de revenir sur un dossier qui préoccupe les populations depuis plusieurs années et de réaffirmer solennellement sa position.

L’histoire de ce dossier remonte à 2015, avec un premier permis de recherche dénommé « Les phosphates de Thilogne », couvrant une superficie annoncée de 1 590 km² et concernant plusieurs collectivités territoriales de la région de Matam et de la zone de Podor. Face aux risques que nous estimons liés à une éventuelle exploitation, le Collectif, fidèle à sa mission de défense des intérêts des populations du Bosséa, a très tôt entrepris des actions de sensibilisation et d’information auprès des populations. Notre démarche nous a conduits à rencontrer les chefs de village, les autorités religieuses, les élus locaux, les jeunes, les femmes ainsi que les différentes composantes de la population, afin de leur expliquer les enjeux liés à ce dossier.


Cette mobilisation, menée dans le souci de préserver l’intérêt général, a permis de faire entendre la voix des populations et de faire connaître leur opposition au projet. Aujourd’hui encore, nous considérons que cette mobilisation collective constitue un acquis important : le Bosséa doit rester un espace où la population est consultée et où ses préoccupations relatives au foncier, à l’environnement, à l’habitat, à l’agriculture et à l’élevage sont pleinement prises en compte.


Une nouvelle phase qui suscite notre inquiétude


Depuis l’arrivée du nouveau régime, le Collectif a constaté plusieurs initiatives qui, à ses yeux, peuvent être interprétées comme une volonté de poursuivre le processus de recherche et, éventuellement, d’exploitation des phosphates, malgré les mémorandums et les prises de position transmis par différentes composantes de la population.


Nous rappelons notamment qu’Amafrique, après plusieurs déplacements et démarches dans la zone, avait annoncé son retrait, selon les informations communiquées au Collectif. Puis, le 1er avril, un nouveau permis aurait été attribué, tandis qu’un opérateur économique originaire de la zone serait apparu comme mandataire dans le cadre du dossier. Les 9 et 27 avril, des rencontres auraient ensuite été organisées avec certaines autorités et des chefs de village. Selon les informations recueillies par le Collectif, ces rencontres n’ont pas permis de lever l’opposition exprimée par les populations.


Le Collectif s’interroge également sur les conditions dans lesquelles une convention de sécurisation du site aurait été conclue avec la Gendarmerie nationale. Nous estimons que la sécurisation d’un site faisant l’objet d’une forte contestation locale doit nécessairement s’accompagner d’un dialogue transparent avec les populations concernées, afin d’éviter toute escalade.


Des tensions que nous avons toujours voulu éviter


À deux reprises, des jeunes auraient voulu se rendre sur le terrain pour s’opposer aux opérations. La sagesse de certains chefs de village, notamment celui de Thiodaye, ainsi que l’intervention du maire d’Agnam, auraient permis d’éviter des confrontations. Malheureusement, du matériel appartenant à la société aurait, par la suite, été endommagé ou détruit par des personnes non identifiées. Le Collectif condamne tout acte de violence ou de destruction et demande que toute la lumière soit faite sur ces faits.


Un mois plus tard, à la suite d’une plainte déposée par le mandataire, trois jeunes de la zone ont été arrêtés et demeurent détenus depuis le 10 juin, selon les informations communiquées au Collectif. Nous rappelons que ces personnes bénéficient de la présomption d’innocence et que leur situation doit être traitée dans le strict respect de leurs droits et des procédures prévues par la loi.


Le Coordonnateur du Collectif 
pour la Défense des Intérêts du Bosséa (CDIB)
Samba Amadou Ka

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Publié par

Harouna Fall

editor

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